Portrait-robot des Montréalais mal en point

C’est 35 % de la population montréalaise qui n’a pas de médecin de famille.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir C’est 35 % de la population montréalaise qui n’a pas de médecin de famille.

Le tiers des Montréalais vit avec une maladie chronique, et pour renverser cette tendance, la Santé publique pourra compter sur un nouvel outil, un portrait détaillé de l’état de santé des habitants de la ville par quartier.

 

Dévoilés mardi, les résultats de la vaste enquête TOPO ne surprennent pas, mais elles affinent le portrait de santé des Montréalais. L’enquête menée en 2012 auprès de 11 000 personnes.

 

À l’extrême est, c’est le territoire du CSSS Pointe-de-l’Île qui présente la plus forte prévalence de maladie chronique: 40 % de la population en présente au moins une, que ce soit le diabète, l’hypertension, l’asthme ou encore un trouble de santé mentale. À l’autre bout du spectre, c’est le CSSS du Cœur-de-l’Île qui affiche le meilleur score : 29 % des habitants vivent là avec une maladie chronique.

 

Les personnes sans emploi, moins scolarisées ou nées au Canada sont plus susceptibles de figurer parmi ces derniers.

 

L’obésité et le surpoids, qui touchent près de la moitié de la population, «sont un problème de santé publique majeure», rappelle le directeur de la Santé publique, le Dr Richard Massé. Par ailleurs, un Montréalais sur cinq fume.

 

Ces résultats ne sont guère surprenants lorsque l’on constate que des habitudes de vie néfaste pour la santé sont monnaie courante. Par exemple, l’enquête révèle qu’un Montréalais sur trois cumule deux habitudes de vie associées à l’apparition de maladies chroniques, comme la sédentarité, le tabagisme, la consommation excessive d’alcool ou la faible consommation de légumes et de fruits.

 

Pour le Dr Richard Massé, il faut établir des liens entre ces résultats et le tissu urbain. Il pointe notamment les déserts alimentaires, ces zones où l’accès à des fruits et légumes frais est quasi inexistant. «Si les pistes cyclables sont dangereuses, si les transports en commun sont mal adaptés, les gens sont plus sédentaires», rappelle-t-il.

 

Le bulletin de santé n’est pas très reluisant, et il reste difficile pour les Montréalais d’accéder aux soins. C’est 35 % de la population qui n’a pas de médecin de famille. Les immigrants récents, particulièrement, sont nombreux à ne pas avoir de médecin de famille, une situation que le Dr Massé souhaite voir s’améliorer d’ici la prochaine enquête.

 

La Santé publique mènera ce sondage tous les deux ans.