L’obésité: un faux problème de santé publique?

Le taux de surpoids de la population canadienne serait stable depuis 2003, alors que le taux d’obésité est passé de 15,3 % à 18,4 %.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le taux de surpoids de la population canadienne serait stable depuis 2003, alors que le taux d’obésité est passé de 15,3 % à 18,4 %.

Un rapport publié lundi par l’Institut Fraser conclut qu’il n’y a pas d’épidémie d’obésité au Canada et que, en conséquence, les politiques de prévention financées à même les fonds publics sont inefficaces et non nécessaires.

 

L’étude réalisée par Nadeem Esmail, directeur des recherches sur les politiques de santé de l’Institut Fraser, soutient en effet que le taux de surpoids dans la population canadienne est stable depuis 2003. Le taux d’obésité est quant à lui passé de 15,3 % à 18,4 %, ce qui ne justifie en rien le qualificatif d’épidémie accolé ces dernières années à ce problème de santé.

 

« Malgré les affirmations de certains politiciens, médias et partisans de la santé publique, il n’y a pas, au Canada, d’épidémie d’obésité causant un grand nombre de maladies et de décès. Par ailleurs, il est faux de prétendre que seul le gouvernement peut nous sauver de nous-mêmes », soutient Nadeem Esmail, auteur de l’étude intitulée Obesity in Canada : Overstated Problems, Misguided Policy Solutions.

 

Revoir les campagnes?

 

M. Esmail est un détracteur affiché des mesures prônant une taxe à l’industrie sur les aliments gras, les boissons sucrées ou l’étiquetage nutritionnel obligatoire en magasin. Autant de politiques qu’il juge contre-productives compte tenu des « causes complexes du surpoids et de l’obésité » et du gonflement de la fonction publique qu’entraînerait l’implantation de telles mesures administratives.

 

Interrogé sur ses conclusions, le Dr Dominique Garrel, professeur titulaire au département de l’Université de Montréal et endocrinologue, déplore le message envoyé par une telle étude. « Si on ne considère que l’indice de masse corporelle, c’est vrai que le surpoids est stable au Canada, mais ça ne dit rien des conditions de santé des gens. Même des gens en faible surpoids peuvent être très malades », affirme ce dernier.

 

Le Dr Garrel concède que certaines campagnes de prévention de l’obésité ratent en partie leurs cibles. Plusieurs études ont montré que ce sont les bas prix et le matraquage publicitaire qui influencent le plus les choix des consommateurs. « Il faut axer la prévention sur les maladies causées par l’obésité, comme le diabète, l’hypertension, conclut-il. Dire à un obèse d’arrêter de manger, c’est comme dire à un asthmatique d’arrêter de respirer ! »

13 commentaires
  • Jacques Mercier - Inscrit 29 avril 2014 06 h 35

    La clique de libertariens, ces "marxistes-léninistes à l'envers", qui s'agite à l'Institut Fraser, représente un problème de santé publique au moins aussi ample que celui de l'obésité.

  • Jean-Robert Whittom - Inscrit 29 avril 2014 07 h 34

    Ridicule et condamnable!

    Institut Fraser joue avec les résultats: il y a plutôt un stabilité chez les adultes au niveau du poids car la légère baisse n'est qu'un fléchissement et l'institut ne tient pas compte de l'indice de masse corporel et de la masse grasse via masse maigre et graisse intra-abdominale qui est la plus dangeureuse.
    Secondo: il y a une augmentation pondérale chez les femmes
    Tertio: il y a aussi une aug mentaition pondérale chers les jeunes, ces taux sont passés de près de 24 % à près de 28 % entre 2011 et 2012. Chez les jeunes filles, après avoir été en augmentation constante de 2007 à 2011, passant de près de 13,5 % à 17 %.

    L'Institut Fraser se qualifie comme un organisme de recherche non partisan et indépendant basé au Canada. Il avoue toutefois défendre « la réduction de l'intervention gouvernementale ».
    Il s'attaque aux mesures gouvernementales de lutte à l'obésité, qu'il ne considère pas comme nécessaires, mais plutôt coûteuses et inefficaces. Selon l'organisme, ces mesures sont un fardeau pour l'ensemble des Canadiens. Ferait-il parti d'un autre plan de réduction budgétaire du gouvernement Harper...?

  • Jacques Beaudry - Inscrit 29 avril 2014 09 h 38

    bonne job des lobby

    Les lobbyistes du sucre et du gras font bien leur boulot auprès de ces intitutions sensées nous donner accès à la connaissance des faits. Ces dernières sans rigueur nous transmettent les argumentaires de ces entreprises de la malbouffe au détriment de notre santé. Il faut donc en prendre et en laisser. La réalité des faits se trouve ailleurs et le web est d'un précieux secours pour avoir accès à des études complétes et objectives.

  • François Grenier - Abonné 29 avril 2014 09 h 49

    Démagogie

    Ce soi-disant rapport n'est qu'un discours de propagande déguisé en pseudo étude et qui scande tous les poncifs de la pensée libertarienne. On y lit même que les données nutritionnelles affichées sur les emballages des aliments procèdent d'un paternalisme d'État... Parce que la lutte contre l'obésité est à l'évidence un autre exemple des interventions de l'État dans nos vies privées...

    Franchement, ils sont lourds, ces néolibéralistes.

  • André Michaud - Inscrit 29 avril 2014 09 h 59

    Inactivité physique LA cause

    Depuis des décennies je surveille mon alimentation, prends des suppléments alimentaires etc..l'alimentation est importante en santé.

    Mais la science découvre maintenant que mieux vaut moins bien manger et faire de L'exercice que bien manger et être sédentaire. On peut manger plus si on bouge plus. Donc l'inactivité est un problème encore plus important que la mauvaise alimentation.

    Tout tient dans la relation ...activité proportionnelle avec notre alimentation.

    Évidemment une mauvaise alimentation et ne pas faire d'exercice est la combinaison gagante pour être malade..et ensuite se plaindre que c'est la faute de x y z !!

    • Jacques Gagnon - Inscrit 29 avril 2014 10 h 22

      Bravo, vous vous êtes convaincus vous-mêmes.