Plus efficace que l’aspirine

Plusieurs études montrent que la qualité de la relation médecin-patient peut contribuer à améliorer l’état de santé du malade, au point que le lien de confiance serait aussi utile que certains médicaments.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Plusieurs études montrent que la qualité de la relation médecin-patient peut contribuer à améliorer l’état de santé du malade, au point que le lien de confiance serait aussi utile que certains médicaments.

Un bon médecin est plus qu’un scientifique accompli. C’est aussi un humain empathique, chaleureux qui écoute ses patients. Devenue une science ultraspécialisée, la médecine a malheureusement tendance à négliger cet élément central de la thérapie, qu’est la relation humaine entre le patient et la personne qui le soigne. Pourtant, plusieurs études montrent que la qualité de cette relation peut contribuer à améliorer l’état de santé du malade. Au point que le lien de confiance avec le médecin serait aussi utile que certains médicaments.

 

Une méta-analyse publiée dans la revue PLOS ONE a analysé les résultats obtenus dans 13 études qui s’étaient intéressées à l’impact de la relation entre le patient et des professionnels de la santé sur l’évolution du problème à l’origine de la consultation. Ces différentes études, effectuées aux États-Unis (4), en Europe (8) et en Australie (1) entre 1997 et 2012, ont mesuré l’impact qu’avaient eu des changements de comportements adoptés par des omnipraticiens, des soignants, des infirmières et des acupuncteurs sur l’état de santé de leurs patients et l’issue de leurs maladies.

 

La qualité du contact entre un médecin et son patient dépend autant de facteurs émotifs, comme la confiance, la sincérité, l’empathie ou le respect, que cognitifs, comme la collecte et la transmission des informations ou la gestion des attentes. Dans le cours de ces études, on avait notamment demandé aux soignants d’être plus empathiques, de maintenir un bon contact visuel avec leurs patients, de porter davantage attention à leurs émotions, de communiquer davantage et de donner plus d’informations médicales sur leurs problèmes de santé. Et surtout, de ne pas interrompre leurs patients et d’être davantage à leur écoute.

 

Un impact significatif sur plusieurs indicateurs

 

Les chercheurs du Massachusetts General Hospital ont ainsi noté que l’amélioration de la relation entre les professionnels de la santé et leurs patients avait eu un effet modeste, bien que significatif sur des facteurs comme la tension artérielle, les niveaux sanguins de lipides et de sucre, la perte de poids ou la douleur. Cet effet a été observé notamment chez des patients souffrant de diabète, d’hypertension ou d’ostéo-arthrite. Les auteurs de l’étude affirment que l’impact de l’amélioration du lien médecin-patient était supérieur à l’effet préventif de l’aspirine sur l’incidence de crise cardiaque pendant cinq ans, ou même à celui des statines sur le risque d’accidents cardiovasculaires pendant cinq ans.

 

« Les effets bénéfiques d’une bonne relation patient-clinicien sur l’efficacité des soins de santé sont comparables à ceux de plusieurs traitements médicaux bien établis », souligne le psychologue John Kelley, premier auteur de l’article. « Qui plus est, ces traitements médicaux, bien que très importants et efficaces, s’accompagnent souvent d’effets secondaires indésirables. Alors qu’une bonne relation patient-clinicien ne comporte aucun effet négatif ! »

4 commentaires
  • Claude Kamps - Inscrit 14 avril 2014 09 h 31

    Le touché

    Un patient qui tressaille chaque fois que son médecin le touche devrait changer de docteur... Mais on est deja content d'en avoir un, c'est plus facile de divorcer ...
    La médecine actuelle en est une de rapport du nombre vu et du signe de $, pas le temps d'écouter un patient, sauf cas rare...

  • Pierre Germain - Inscrit 14 avril 2014 10 h 05

    Erreur!

    Le médecin, "un bon scientifique accompli"? Pas du tout. Le médecin est plutôt un technicien de haut niveau qui a appris par coeur une foule d'informations et de notions, et qui a été entraîné à reproduire immuablement des procédures (d'où l'obligation de moyens, pas de résultats). Dire du médecin qu'il est un scientifique serait comme dire que tous les musiciens sont des compositeurs accomplis.

    Le médecin usuel ne connaît rien en profondeur des vraies bases qui sont à l'origine des techniques qu'il applique. Ni de la physique derrière l'imagerie médicale, ni de la pharmacologie avancée derrière les médicaments de dernière génération, ni de la génétique avancée qui permettra dans quelques années des traitements personnalisés. En fait, souvent le médecin ne connaît rien d'autre d'un nouveau médicament que ce que le représentant pharmaceutique lui en a dit.

    Dire du médecin qu’il est un scientifique accompli est comme dire qu’un pilote d’avion est un ingénieur de la mécanique du vol accompli. La « science » traditionnelle du médecin repose en grande partie sur un savoir encyclopédique et non un savoir raisonné, vestige du cours classique et des belles-lettres.

    D'ailleurs, il est notoire que le médecin moyen va nier l'existence d'un phénomène qu'il n'a pas étudié dans ses bouquins.

    • Simon Chamberland - Inscrit 14 avril 2014 16 h 07

      «D'ailleurs, il est notoire que le médecin moyen va nier l'existence d'un phénomène qu'il n'a pas étudié dans ses bouquins.»


      Étonnant cette phrase, tout comme le reste du message. Des preuves ?

  • paul levesque - Inscrit 14 avril 2014 17 h 30

    Relation Médecins-Patients

    Il est tout à fait juste de dire qu'une relation Médecin-Patient de qualité a des effets bénéfiques sur la santé. En fait, on voit souvent lors d'essais cliniques les patients faire aussi bien en prenant le placebo que le médicament. Cela vient du fait que les patients participants aux essais cliniques sont pris en charge, par le personnel médical, sur une base régulière et cela suffit très souvent à améliorer l'état des patients. En fait, on voit les placebos faire très bien particulièrement dans les cas de dépression ou d'anxiété généralisée.
    Cela devrait par ailleurs suffire à nous convaincre qu'une rénumération à l'acte ou au volume est stupide. Si le médecin passait plus de temps avec ses patients, on ferait sans doute des économies de médicaments et autres frais reliés au tests de toutes sortes.
    Plus de médecins devraient travailler à forfait et prendre vraiment soin des patients. On nous présente trop souvent le sytème de santé comme malade et sans espoir d'efficience. Par exemple, on nous dit qu"il manque 1000 médécins généralistes au Québec. Puisque nous recevons entre 55000 et 75000 immigrants par année ne pourrions nous pas faire entrer 200 médécins étrangers par année? En cinq ans le problème est résolu. Qui pensez vous s'objecte?