La prévalence de l'autisme ne cesse d’augmenter

La prévalence de l’autisme s’est substantiellement accrue au cours des dernières années. Selon une étude menée aux États-Unis par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), un enfant de huit ans sur 68 était atteint d’un trouble du spectre autistique en 2010, alors qu’on n’en comptait qu’un sur 125 en 2004, voire un sur 150 en 2000. Ces statistiques calculées à partir de données recueillies dans 11 régions différentes du pays ne sont pas représentatives de l’ensemble des États-Unis, préviennent toutefois les auteurs de l’étude.

 

Cette hausse de la prévalence de l’autisme a souvent été attribuée à un meilleur dépistage. Mais cette explication ne suffit pas à expliquer un tel accroissement. C’est pourquoi plusieurs scientifiques soupçonnent certains éléments de l’environnement. En février dernier, une étude norvégienne montrait que les mères ayant consommé des suppléments d’acide folique avant et pendant leur grossesse avaient donné naissance à deux fois moins d’enfants autistes que celles qui n’en avaient pas pris. Parmi les enfants nés de mères ayant été exposées à l’acide folique, 0,10 % (64 sur 61 042) présentait un trouble de l’autisme, contre 0,21 % (50 sur 24 134) parmi ceux issus de mères ayant omis de prendre de l’acide folique. Cette étude parue dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) faisait écho à une autre étude menée par des chercheurs de l’Université de Californie à Davis indiquant que la consommation d’acide folique au moment de la conception avait été significativement plus grande chez les mères dont les enfants présentaient un développement normal que chez celles ayant eu des enfants autistes. L’article publié dans l’American Journal of Clinical Nutrition précisait qu’une consommation quotidienne d’au moins 600 microgrammes d’acide folique était associée à un risque moindre d’autisme.

 

D’autres scientifiques enquêtent sur un lien possible entre les taux élevés d’autisme et une déficience en vitamine D observée en raison d’une utilisation accrue des crèmes solaires et de la réduction du temps passé à l’extérieur. Dans une publication parue en 2012 dans le Journal of Neuroinflammation, deux chercheurs de l’Arabie saoudite affirment avoir mesuré chez des enfants autistes de 5 à 12 ans de faibles niveaux de vitamine D et d’abondantes quantités d’anticorps susceptibles d’induire une inflammation du cerveau. Les scientifiques précisent que les concentrations de vitamine D étaient d’autant plus faibles que les symptômes autistiques étaient sévères et que les niveaux d’anticorps étaient élevés.

 

Ces diverses observations devront toutefois être confirmées avant que l’on puisse affirmer qu'une déficience en acide folique et en vitamine D est responsable de l’apparition d’un trouble de l’autisme chez un enfant.

7 commentaires
  • Raymond Labelle - Abonné 1 avril 2014 23 h 12

    Ces diverses observations devront toutefois être confirmées avant que l’on puisse affirmer que les carences d’acide folique et de vitamine D sont responsables de l’apparition d’un trouble de l’autisme chez un enfant.

    • Anthony Valois - Inscrit 2 avril 2014 17 h 48

      Ces diverses observations devront toutefois être confirmées avant que l’on puisse affirmer que les carences d’acide folique et de vitamine D sont responsables de l’apparition d’un trouble de l’autisme chez un enfant.

  • Yvette Lapierre - Inscrite 2 avril 2014 08 h 38

    N'importe quoi plutôt que d'admettre

    qu'on ne sait pas!

  • Laurence Harvey - Inscrite 2 avril 2014 09 h 02

    @Raymond Labelle : Oui la correction serait importante

    c'est la carence en acide folique et vitamine D qui est soupconnée...

  • Danielle - Inscrit 2 avril 2014 09 h 19

    N'ayez crainte, les bons docteurs du PLQ vont tout régler ça!

  • Nicolas Léveillé - Inscrit 2 avril 2014 10 h 48

    À prendre avec une pincée de sel

    Il convient de noter que la cinquième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (publiée en 2013) a redéfini les troubles du spectre autistique qui englobent désormais tant l'autisme que le syndrôme d'Asperger de même que plusieurs autres troubles qui étaient autrefois classés à part.

    Il n'est donc pas étonnant de constater cette hausse. Il est possible qu'il y ait véritablement une plus grande prévalence de l'autisme; toutefois, il faut savoir nuancer ces données.

    Si on avait redéfini la grippe pour qu'elle englobe aussi le rhume et les allergies saisonnières, on aurait de toute évidence pu conclure à une hausse de la prévalence de la grippe, sans qu'elle soit pour autant réelle .