Marijuana thérapeuthique: les Québécois n'y auront pas accès pour l’instant

En attendant l’ouverture permise par le protocole de recherche, le collège invite ses membres à prescrire des cannabinoïdes sous forme médicamenteuse, soit des comprimés et des nébulisateurs, qui sont légaux et autorisés.
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir En attendant l’ouverture permise par le protocole de recherche, le collège invite ses membres à prescrire des cannabinoïdes sous forme médicamenteuse, soit des comprimés et des nébulisateurs, qui sont légaux et autorisés.
Malgré l’entrée en vigueur aujourd’hui de la nouvelle réglementation fédérale sur la marijuana thérapeutique, les médecins québécois ne sont pas autorisés par leur ordre professionnel à en prescrire pour l’instant.

Le Collège des médecins du Québec (CMQ) a annoncé que le cannabis médical ne sera accessible que par le biais d’un protocole de recherche éventuel. Alors, «non, on ne pourra pas le prescrire dès aujourd’hui», a confirmé le secrétaire du CMQ, le Dr Yves Robert, en dévoilant les directives à l’intention des médecins.

«Ce n’est pas un traitement reconnu», clame le président du CMQ, qui se défend de restreindre l’accès pour les patients. «On ne croit pas qu’on puisse nous accuser de restreindre l’accès. On verse une nouvelle responsabilité dans notre cours. On va respecter les lois, mais avec de la rigueur. Il y a dix ans, ça aurait été une fin de non-recevoir. Là, on ouvre un peu la porte», affirme le Dr Charles Bernard.

Depuis 2001, la seule responsabilité des médecins était de confirmer un diagnostic: Santé Canada octroyait ensuite les permis de consommation et de production.

Le cadre de recherche permettant l’accès pour les patients du Québec devrait être finalisé d’ici l’été, dit le Collège, sans le promettre.

Conditions restreintes

Les conditions de santé pour lesquelles le CMQ permettra éventuellement la prescription de marijuana thérapeutique sont moins nombreuses que celles suggérées par Santé Canada dans son nouveau règlement. Elles sont au nombre de 7, contre 20 dans le règlement fédéral. «Ce sont des conditions pour lesquelles nous avons des données scientifiques, aussi mauvaises soient-elles», affirme le Dr Robert.

Il s’agit de la sclérose en plaques, des lésions et maladies de la moelle épinière, du cancer, du VIH-sida, des formes graves d’arthrite, de l’épilepsie et des soins palliatifs. Seuls certains des symptômes de ces conditions rendent les patients admissibles.

En attendant l’ouverture permise par le protocole de recherche, le collège invite ses membres à prescrire des cannabinoïdes sous forme médicamenteuse, soit des comprimés et des nébulisateurs, qui sont légaux et autorisés, même si les patients peuvent considérer l’effet moins rapide.

«Nous avons quand même la volonté de répondre aux besoins des patients, nous ouvrons donc la porte à la discussion, mais surtout à la science dans un sujet qui en manque cruellement», ajoute le Dr Robert, qui déplore que «le fédéral laisse le fardeau sur les épaules des médecins».

Le CMQ est le premier collège médical canadien à se prononcer sur la question. Le Dr Bernard croit que les autres suivront. «Ils nous regardent. Nous sommes souvent les premiers, et on nous emboîte le pas.»

La Société pour l’accès au cannabis médical a réagi avec un «optimisme prudent», selon les mots de son directeur général, Adam Greenblatt. Il espère que la liste des conditions de santé reconnues par le collège s’allongera.

«On exclut les patients atteints de la maladie de Crohn, du syndrome du choc post-traumatique, de la fibromyalgie», détaille-t-il. Il estime que la recherche sur le sujet est plus probante que ce que le CMQ laisse croire.
1 commentaire
  • Georges LeSueur - Inscrit 3 avril 2014 09 h 57

    La liberté !

    Il semble incongru de se voir interdire de cultiver dans son potager un plant de marijuana, de tabac, ou de toute autre plante. C'est pousser trop loin la restriction de nos libertés. Et quand un réglement est absurde, on ne le respecte pas !
    Je n'use pas de tabac ni de marijuana. Mais cette interdiction me donne envie d'en planter si l'occasion m'en est donnée. Juste pour le fun ! Ça, c'est thérapeutique !