Une première femme à la tête de la FMSQ

Changement de garde : la Dre Diane Francoeur succède à Gaétan Barrette à la présidence de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ). Première femme à la tête de cette organisation, sa nomination vient marquer un tournant, alors que le Collège des médecins et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) ont toujours été présidés par des hommes également.

 

La Dre Francoeur est bien connue pour son grand engagement dans le monde médical. Elle a été présidente de l’Association des obstétriciens et gynécologues du Québec. En plus de sa nomination à la FMSQ, elle continuera à siéger au conseil d’administration de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada. Elle était vice-présidente de la FMSQ depuis mars 2011.

 

Au cours de sa carrière, elle a maintes fois défendu la cause de la santé des femmes, que ce soit en matière de contraception, d’avortement ou d’accès aux services de santé.

 

La Dre Francoeur n’était pas disponible pour une entrevue vendredi. Côté enjeux professionnels, dans son dernier éditorial dans le magazine de la FMSQ, elle affirmait s’inquiéter d’un « possible dérapage » qui pourrait mener au « chômage médical » dans certaines spécialités. Le dossier de l’étalement de la hausse salariale des médecins, si le Parti québécois est reporté au pouvoir, pourrait devenir le premier gros dossier à atterrir sur son bureau.

 

Même si les femmes sont maintenant plus nombreuses sur les bancs des facultés de médecine, le plafond de verre de la politique médicale est coriace à percer. À titre d’exemple, seules 4 des 35 associations affiliées à la FMSQ sont présidées par des femmes, dont l’Association des obstétriciens et gynécologues et celle des pédiatres. À la FMOQ, 4 des associations affiliées sur 19 sont présidées par des femmes. La parité n’est acquise ni dans le CA de la FMSQ, ni dans ceux du Collège ou de la FMOQ.

 

La Dre Monique Boivin, aujourd’hui retraitée, en témoigne. En 1983, elle a contribué à créer le premier comité des femmes médecins au sein du Collège des médecins.

 

« On revendiquait la place des femmes au Collège, car quand des patientes venaient se plaindre pour harcèlement sexuel par leur médecin, elles devaient raconter leur histoire devant trois hommes ! » témoigne-t-elle. Les femmes médecins se sont aussi battues pour être consultées sur les grands dossiers, jusqu’à ce qu’elles aient suffisamment investi les instances pour que le comité des femmes médecins du CMQ puisse être dissous.

 

Difficile pour les femmes médecins de s’intégrer aux « boys club » qu’ont longtemps été les fédérations et collèges, selon la Dre Boivin, car cumuler responsabilités médicales, familiales et politiques peut s’avérer épuisant.

 

Contente de voir que la situation évolue, elle se réjouit de la nomination de la Dre Francoeur, qu’elle ne connaît pas personnellement. « J’aime bien voir les femmes s’impliquer. Ça change la donne ! »