Pharmaciens : les nouveaux actes attendront après les élections

Pour une deuxième fois en quelques mois, Québec a quitté la table de négociation alors qu’une entente était à portée de main avec les pharmaciens pour la mise en application de leurs nouveaux pouvoirs, attendus avec impatience par les patients et le réseau de la santé.

C’est avec surprise que l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) a appris mardi que la rencontre de négociation prévue mercredi soir était annulée. Pourtant, à deux doigts de signer une entente selon l’AQPP, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) avait demandé à poursuivre les discussions malgré le déclenchement de la campagne électorale.

« Même avec la campagne, on nous avait demandé de poursuivre la négociation, même si c’est inhabituel, relate le président de l’AQPP, Jean Thiffault. Et puis, on nous annonce que c’est annulé, car on ne veut pas lier le prochain gouvernement ! », s’étonne-t-il.

Climat « neutre »

Le MSSS réfute avoir « quitté » la table de négociation. « Compte tenu du contexte électoral et puisqu’une négociation doit se faire dans un climat neutre, le MSSS a demandé une pause et reporté la négociation après le 7 avril, répond la responsable des relations avec les médias, Stéphanie Ménard. Les négociations se déroulent bien. En période électorale, le gouvernement ne gère que les affaires courantes de l’État. »

Selon Jean Thiffault, de la couverture de trois actes sur sept consentie pour les assurées du régime public d’assurance médicaments à l’automne, Québec envisageait maintenant de couvrir les sept nouveaux actes que la loi 41 a octroyés aux pharmaciens. Le coût pour le trésor public est estimé à 27 millions de dollars. Selon M. Thiffault, ce n’est pas cette somme qui bloque la signature d’une entente. « C’est entièrement un problème de volonté politique », juge-t-il.

Il exhorte maintenant les partis en campagne de s’engager à mettre en application la loi 41 rapidement après les élections. La loi a été votée à l’unanimité en décembre 2011. Elle devait permettre de désengorger les urgences et les cliniques sans rendez-vous en permettant aux pharmaciens de poser certains actes, comme le renouvellement de prescriptions et la prescription de médicaments pour des conditions dites mineures.

Attente

Le Parti libéral du Québec (PLQ) s’est engagé, par voie de communiqué, à négocier une entente avec les pharmaciens s’il est élu. Le PLQ juge que les patients attendent depuis trop longtemps l’entrée en vigueur de la loi, d’abord prévue en septembre 2013.