Un adolescent sur huit se droguerait aux médicaments

L’Ordre des pharmaciens du Québec lance une campagne pour inciter les parents à surveiller leur pharmacie.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir L’Ordre des pharmaciens du Québec lance une campagne pour inciter les parents à surveiller leur pharmacie.

La consommation détournée de médicaments d’ordonnance par les adolescents inquiète. Un adolescent sur huit a admis avoir pris des médicaments pour se droguer, a dévoilé l’Ordre des pharmaciens du Québec.

 

La très grande majorité de ces médicaments, 70 %, a été trouvée à la maison, selon les données rendues publiques lundi. L’Ordre des pharmaciens souhaite sensibiliser les parents et les adultes qui vivent avec des adolescents à placer leurs médicaments en sûreté afin qu’ils ne soient pas accessibles.

 

Parce que ces médicaments sont prescrits par des professionnels de la santé, les jeunes qui les consomment croient à tort que les risques sont moindres. Certains n’hésitent pas à combiner des médicaments entre eux ou avec de l’alcool, à la recherche de sensations.

 

La surdose de médicaments et une consommation pour un usage non indiqué peuvent se traduire par des problèmes de santé sérieux pouvant conduire jusqu’au décès.

 

«Épidémie silencieuse»

 

La directrice générale de l’Ordre des pharmaciens du Québec, Manon Lambert, affirme qu’un nombre grandissant de jeunes utilisent des médicaments à des fins non médicales.

 

Le docteur Martin Laliberté, président de l’Association canadienne des centres antipoison, renchérit en osant même parler d’une « épidémie silencieuse ».

 

La campagne « Votre ordonnance, sa dépendance » propose des conseils pour les adultes qui doivent consommer des médicaments et présente aussi des témoignages écrits par des jeunes reconnaissant une dépendance aux médicaments.

6 commentaires
  • Roxane Bertrand - Abonnée 11 mars 2014 08 h 07

    Éducation

    On enseigne à 1 garçon sur 5 du primaire de prendre des médicaments pour ne pas vivre d'échecs au primaire. Faut être conséquent!

    Si les jeunes se droguent avec des médicaments, c'est que prendre des médicaments pour s'adapter est la méthode culturelle présentée aux enfants depuis leur tendre enfance...

  • France Marcotte - Abonnée 11 mars 2014 12 h 14

    «à la recherche de sensations»

    Ce serait l'explication.

    Intéressant de constater que notre société axée pour beaucoup sur le divertissement comme source de culture n'offre pas aux ados des sensations adéquates ou suffisantes.

    Créer, cela procure par contre de très fortes sensations.

  • Georges LeSueur - Inscrit 11 mars 2014 12 h 40

    Le meilleur et le pire...

    Quand ce sont des ados qui se droguent pour "le fun", on peut se douter qu'ils prennent aussi toutes sortes d'autres "libertés".
    L'éducation des parents, des enseignants est freinée au nom des libertés individuelles, voire poussée au laxisme par le désengagement de nos sociétés permissives.
    Les avantages ont leur contrepartie. Les jeunes sont souvent le produit des exemples donnés par leurs parents : Le meilleur ou le pire !

  • Jérémie Poupart Montpetit - Abonné 11 mars 2014 16 h 27

    éducation et sensations

    en lice avec madame Bertrand, je ne crois pas qu'il s'agisse uniquement d'une question de sensations fortes plutôt que d'éducation et de laxisme.

    On prescrit sans compter les médicaments à outrance, autant aux jeunes qu'à leurs parents. À la longue, on en vient même à médicamenter des maladies imaginaires pour répondre à la soif de placebo de plusieurs.

    À force de prescrire des médicaments à outrance, on en vient à oublier qu'ils ont des effets néfastes, même à petite doses, et même pour ceux ayant le moins d'impacts.

    Un aspect intéressant à rajouter à cette étude aurait été une comparaison avec l'abus de médicament sans ordonance. Particulièrement le cas des analgésiques et anti-inflammatoires légers, tels que l'Aspirine, l'Advil, etc.

    1 adolescent sur 8 abuses des médicaments d'ordonance, mais qu'en est-il de la culture de la médication en général ? aujourd'hui, on remplace la plupart du temps du repos ou un rythme de vie sain par un effet généré par médicament pour des symptômes pourtant bénins (stress, fatigue fièvre, maux de ventre).

    Culture de surmédication, quand tu nous tiens...

    Jérémie Poupart Montpetit

  • Liliana Osowski - Inscrit 11 mars 2014 18 h 57

    Suggestion prendre graduellement la quantité indiquée sur l'ordonnance

    Compte tenu que ces drogues sont générablement prescriptes au besoin, il serait prudent d'acheter graduellemt la qualité de comprimés indiquée sur l'ordonnance. Ainsi, il serait plus facile de remarquer la disparition de comprimés et dissuader les jeunes de prendre les médicaments de leurs parents. Les pharmaciens devraient suggérer cette façon de faire aux clients.