Attaché à votre enfant? Attachez-le bien!

Le mauvais postionnement du harnais est une des lacunes les plus souvent observées. Le manteau a posé ici un défi pour les parents. La SAAQ recommande de compresser ce dernier ou de le retirer si nécessaire, de bien serrer le harnais près du coprs et de positionner la pince au niveau des aisselles.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Le mauvais postionnement du harnais est une des lacunes les plus souvent observées. Le manteau a posé ici un défi pour les parents. La SAAQ recommande de compresser ce dernier ou de le retirer si nécessaire, de bien serrer le harnais près du coprs et de positionner la pince au niveau des aisselles.

Il peut sembler simple d’attacher son enfant en voiture, mais n’importe quel parent avouera qu’on peut rapidement s’y perdre. Sans compter que les recommandations changent fréquemment. Le Devoir s’est penché sur les plus récentes mises à jour.

En 2011, seulement la moitié des enfants de moins de 4 ans et 63,5 % des 5-6 ans étaient retenus correctement dans leur siège d’auto, selon la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).

 

Lors d’un projet pilote, la santé publique a cerné une lacune nouvelle : le passage parfois très prématuré à la ceinture de sécurité seule, qui s’opère quelque part entre la maternelle et la deuxième année. En fait, 95,9 % des enfants de 5 à 8 ans retenus par une ceinture de sécurité seule n’avaient ni le poids ni la taille exigés pour que ce soit sécuritaire !

 

C’est un des constats d’un projet pilote mené en Estrie et au Saguenay–Lac-Saint-Jean, et qui réunissait l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), la SAAQ et le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). Il visait à améliorer les activités de sensibilisation et d’éducation auprès des parents.

 

Le défi des grands

 

« On a un défi majeur avec les 5-8 ans », constate le Dr Michel Lavoie, médecin-conseil à l’INSPQ. « Ces données nous laissent croire que la majorité des enfants passe de façon prématurée à la ceinture seule, surtout après la maternelle, et qu’en 2e année, c’est la norme. Alors que pratiquement tous les enfants devraient encore avoir leur siège d’appoint à cet âge. »

 

Ironiquement, le Code de la sécurité routière constitue un obstacle à la promotion des meilleures pratiques, indiquent les auteurs du rapport sur le projet pilote, rendu public cette semaine. Le Code stipule que le siège d’auto ou d’appoint est nécessaire pour les enfants mesurant 63 cm et moins, des fesses au-dessus de la tête. Mais ce critère n’est pas suffisant. Pour porter la ceinture seule de manière sécuritaire, c’est la barre des 74 cm qui devrait être visée. En plus, un enfant doit pouvoir avoir le dos appuyé à la banquette, les genoux pliés au bout du siège. La ceinture doit passer sur ses hanches et au milieu de la clavicule. Il est rare qu’un enfant de moins de 8 ans réponde à ces critères. « Si l’enfant est trop petit pour la ceinture seule, cette dernière peut causer des lésions aux organes internes en cas d’impact et même, plus rarement, une fracture de la colonne vertébrale », avertit le Dr Lavoie.

 

La Montérégie a décidé d’agir. Elle a lancé une campagne de sensibilisation auprès des parents d’enfants de maternelle. Diane Sergerie, agente de planification à la Direction de la santé publique de la Montérégie, explique que, bien que les parents puissent se rendre dans un point de service du Réseau de vérification, ça ne suffisait pas. « Il faut plutôt aller vers les gens », dit-elle. En collaboration avec les écoles et les policiers, 8000 sièges ont été vérifiés. Le but : éviter le passage prématuré à la ceinture de sécurité seule. Le dépliant « Je suis bien attaché même si je suis grand » a aussi été envoyé à plus de 100 000 parents de la région en deux ans. « Ça suscite beaucoup d’intérêt », dit Mme Sergerie, et d’autres régions s’apprêtent à suivre l’exemple.

 

La SAAQ, de son côté, évalue la possibilité de recommander au ministre des Transports de modifier le Code. Chaque année, 1200 enfants de moins de 9 ans sont blessés dans un accident de la route, et 6 en décèdent.

 

Chez les tout-petits de la garderie, on observe aussi des lacunes. Généralement, c’est l’ajustement du harnais d’épaule ou de la pince de poitrine qui est inadéquat. Le siège protège tout de même l’enfant, bien que ça ne soit pas optimal.

 

Une question de poids… lourd

 

Autre facteur dont les parents doivent maintenant tenir compte : si le poids du bambin combiné à celui du siège dépasse 65 lb (29,5 kg), mieux vaut attacher le siège pour enfant à la banquette à l’aide de la ceinture de sécurité, et non par le système d’ancrage LATCH. Comme les sièges pèsent souvent entre 25 et 30 lb (11 et 13 kg), cela peut s’avérer nécessaire dès qu’un enfant atteint une trentaine de livres.

 

Les fabricants d’automobiles ont averti le gouvernement américain qu’au-delà de ce poids, les ancrages LATCH, qui se situent dans le pli de la banquette, pourraient se briser en cas d’accident. On vous laisse imaginer le mouvement du siège en cas de choc si ces ancrages se brisent. La ceinture retenant la base du siège, elle, résisterait.

 

Début 2014, la National Highway Traffic Safety Administration américaine a exigé des fabricants de sièges d’auto qu’ils en fassent mention sur l’étiquetage des sièges.

 

Transports Canada (TC) évalue la possibilité d’en exiger autant. En attendant, TC recommande aux parents d’agir, et d’utiliser la ceinture comme système d’ancrage du siège au-delà d’un poids combiné de 65 lb (29,5 kg).

 

Le mauvais positionnement du harnais est une des lacunes le plus souvent observées. Sur la photo, à droite, le manteau a posé un défi aux parents. La SAAQ recommande de compresser ce dernier ou de le retirer si nécessaire, de bien serrer le harnais près du corps et de positionner la pince au niveau des aisselles.