Des médecins s’inquiètent de l’impact du projet d’optimisation en cours

Des professionnels de la santé exigent que le ministre de la Santé, Réjean Hébert, cesse son « improvisation » et suspende son projet d’optimisation des services de laboratoire, le temps que les impacts de cette imposante réforme soient connus.

 

Dans une lettre adressée au gouvernement Marois, les présidents de six associations de médecins soutiennent que la mise en application du plan d’optimisation des laboratoires de biologie médicale (appelé OPTILAB) est souhaitable, mais pas « n’importe comment ». « Nous refusons de mettre en branle un projet poussé à la vitesse grand V, dans une séquence qui ne pourra qu’entraîner des torts aux patients », écrivent les associations de médecins.

 

« La faisabilité du transport sécuritaire des prélèvements et le déploiement des systèmes d’information requis pour la transmission des résultats doivent être démontrés, installés, testés et fonctionnels », poursuivent les auteurs.

 

Ces craintes sont partagées par l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), qui dit avoir beaucoup de questions, mais peu de réponses. « Ça sent l’improvisation. Et on ne peut pas improviser une réforme qui touche les tests de laboratoire, essentiels pour obtenir des diagnostics », affirme Nicole Déry, vice-présidente de l’APTS.

 

Pour y voir plus clair, elle réclame une rencontre avec les représentants du ministère de la Santé. « Si quelqu’un sait comment ça va fonctionner, j’aimerais qu’on nous l’explique. »

 

Prématuré

 

Le ministre Hébert juge « prématurées » les demandes qui lui sont faites par les professionnels de la santé. « Je leur dis : attendez un peu. Avec les agences [de la santé et des services sociaux], on est en train de planifier la suite, et ce n’est pas demain la veille que ces changements-là vont être en vigueur. Ça ne sert à rien de s’alarmer pour l’instant, il n’y a pas de changement à prévoir au cours des prochains mois », souligne-t-il en entrevue au Devoir.

 

Selon le ministre, pas question de mettre quoi que ce soit en suspens à ce stade-ci, puisque la réforme n’est pas encore appliquée. « On n’ira pas de l’avant tant qu’on n’aura pas un plan d’action et tant qu’on n’aura pas examiné l’ensemble des impacts liés à ce projet », promet-il.

 

Mardi, le ministre Réjean Hébert a senti le besoin de faire une « mise au point » auprès du Centre hospitalier régional de Trois-Rivières (CHRTR), dans le dossier OPTILAB. Le CHRTR craignait que ses services de laboratoire soient transférés à Sherbrooke, comme l’ont affirmé il y a quelques jours deux médecins de l’établissement. M. Hébert a indiqué que ces services demeureront à Trois-Rivières.

 

Lancé en 2011, le projet OPTILAB vise à centraliser certains tests de laboratoire au sein d’établissements sélectionnés, dans le but d’améliorer l’efficacité du système à l’échelle de la province. Selon les prévisions gouvernementales, sa mise en place devrait être achevée d’ici 2018.