Nouvel appel à l’abolition des frais accessoires

Le Dr Alain Vadeboncœur, de MQRP, et Jacques Benoit, coordonnateur de la Coalition Solidarité Santé
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Le Dr Alain Vadeboncœur, de MQRP, et Jacques Benoit, coordonnateur de la Coalition Solidarité Santé

La pression s’accentue sur le ministre de la Santé, Réjean Hébert, et la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) pour qu’ils mettent fin aux frais accessoires facturés dans les cliniques. Même si le Collège des médecins a revu son code de déontologie pour freiner ce problème la semaine dernière, Médecins québécois pour le régime public (MQRP) et cinq autres organismes de défense des patients demandent au gouvernement Marois de régler une fois pour toutes ce dossier qui risque de nuire à l’accessibilité des soins de santé.


Un an plus tard

L’an passé, le ministre Réjean Hébert avait promis d’abolir les frais accessoires de santé qui étaient, selon lui, un moyen détourner pour les médecins de demander des honoraires supplémentaires. Il avait proposé trois principales solutions pour régler ce problème, notamment que les médicaments administrés par les médecins en cabinet soient couverts par la RAMQ, que les pouvoirs de la RAMQ soient renforcés et que la RAMQ puisse avoir recours à des injonctions pour mettre fin à des pratiques abusives sans attendre l’accord des tribunaux.

« Ça va bientôt faire un an que ces promesses ont été faites et, à notre connaissance, il n’y a eu aucun changement fondamental », déplore le Dr Alain Vadeboncoeur, le président de MQRP. « Tout ce qu’on demande, c’est que le ministre respecte ses engagements sur les frais accessoires. On connaît ses idées, on s’attend seulement à des actions », ajoute-t-il.

La semaine prochaine, une rencontre est prévue avec le ministre Réjean Hébert pour discuter de ce problème qui risque de prendre de l’ampleur si rien n’est fait. « Les gens sont peu au courant des frais accessoires. Ils ne savent pas ce qu’on a le droit ou pas de charger, ils pensent que c’est légal et craignent de dénoncer un médecin qui charge des frais énormes de peur d’être privés de soins », explique le Dr Vadeboncoeur.

Dimanche, des membres de MQRP et d’autres organismes ont donc distribué des dépliants au métro Berri-UQAM à Montréal pour expliquer en quoi consistent les frais accessoires. On y explique que des frais accessoires peuvent être facturés dans les cliniques uniquement lorsque le patient reçoit des médicaments, des anesthésiants et des pansements. La loi interdit aux médecins de facturer des actes médicaux pour lesquels la RAMQ les rétribue déjà. Or, la loi ne dit pas quelle est la limite des frais accessoires.

Faible revenu

Le coordonnateur de la Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles, Luc Leblanc, demande donc au ministre Hébert de fixer des balises rapidement sur les frais accessoires. Il craint que les personnes à faible revenu soient à plus ou moins long terme discriminées. « Pour ces personnes, tous frais médicaux supplémentaires, si minimes soient-ils, peuvent constituer une contrainte d’accès à une évaluation médicale ou à un traitement », a-t-il dit.

Et dans un système public et universel de santé, tous les représentants des organismes ont donc rappelé que « les frais accessoires n’avaient pas leur raison d’être. »

1 commentaire
  • Yvon Bureau - Abonné 27 janvier 2014 20 h 00

    Gratitude

    à vous deux. Continuez ce travail si nécessaire. Merci.