La rémunération des médecins à l’étude

Les médecins québécois sont principalement payés à l’acte, mais d’autres modes de rémunération ont aussi fait leur apparition ces dernières années.
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir Les médecins québécois sont principalement payés à l’acte, mais d’autres modes de rémunération ont aussi fait leur apparition ces dernières années.

Le commissaire à la santé et au bien-être Robert Salois financera des études sur la rémunération des médecins qui, selon lui, pourraient influencer les prochaines négociations des médecins avec l’État, en 2015.

 

Même si les deux études commandées ne sont pas terminées avant décembre 2016 et 2017 respectivement, le commissaire rendra publics des rapports d’étape. « Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas se servir des constats en négociation. J’espère que ça servira », dit-il.

 

Jeudi, il a lancé deux appels d’offres aux scientifiques du Québec. La première étude devra faire l’analyse comparative des modes de rémunération des médecins et leurs effets, en comparant le Québec avec les autres provinces et l’international. La deuxième étude doit « cerner les effets des modes actuels de rémunération des médecins sur l’efficacité et la performance » du système de santé.

 

Les médecins québécois sont principalement payés à l’acte, mais d’autres modes de rémunération ont aussi fait leur apparition ces dernières années, comme le souligne le Dr Louis Godin, président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec. « Je n’ai pas de problème à ce que le commissaire fasse une étude. Mais j’espère qu’on ne part pas avec l’a priori que le paiement à l’acte est le seul mode de rémunération actuellement. Chez nous, 40 % de la rémunération est forfaitaire. »

 

« L’idée n’est pas de remettre en question le paiement à l’acte,se défend M. Salois. Mais ça fait 20 ans qu’on en parle, d’autres sont passés à l’action et on traîne de la patte pour revoir le mode de rémunération. On veut savoir si, à l’intérieur de ce qu’on paie pour nos médecins, est-ce qu’on obtient les services dont on a besoin. » Selon lui, la question se justifie, car malgré le nombre élevé de médecins par habitant au Québec, « nous avons les temps d’attente les plus longs ».

 

Étude non partisane

 

Il promet une réponse scientifique et non partisane, les chercheurs sélectionnés étant choisis par un groupe de pairs reconnus à l’échelle nationale et internationale. Le point de vue des fédérations médicales sera pris en compte, assure-t-il. « Tout le monde a intérêt à ce que cette analyse-là soit faite. »

 

Le commissaire investit la presque totalité de son budget de recherche dans ces études, soit 410 000 $ sur trois ans. Il affirme agir de sa propre initiative, sans que le ministre ou le ministère de la Santé lui ait demandé d’accomplir ce mandat.

 

La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) n’a pas souhaité réagir.