CHUM - Le sort de Christian Paire en est jeté

Christian Paire est arrivé au CHUM en 2009. Le contrat d’embauche de M. Paire est resté confidentiel jusqu’à ce que Le Journal de Montréal l’obtienne, après trois ans de procédures.
Photo: - Le Devoir Christian Paire est arrivé au CHUM en 2009. Le contrat d’embauche de M. Paire est resté confidentiel jusqu’à ce que Le Journal de Montréal l’obtienne, après trois ans de procédures.

Le conseil d’administration du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) devait sceller le sort de son directeur général, Christian Paire, lors d’une réunion à huis clos, lundi soir. Alors que les rumeurs, en fin de semaine, évoquaient généralement un départ de M. Paire, le conseil d’administration est resté coi sur sa décision.

 

Le CHUM a indiqué en fin de journée que la réunion ne serait suivie d’aucune déclaration et que la décision définitive serait rendue publique d’ici mercredi, lorsque le ministre de la Santé Réjean Hébert aura été mis au courant. M. Paire n’a pas assisté à la réunion.

 

Après des mois de révélations dans les médias puis la publication mercredi dernier d’un rapport accablant du vérificateur général du Québec, l’étau se resserrerait autour de M. Paire. Selon Michel Samson, le directeur général du CHUM recevait 70 000 $ de plus par an que la limite de 350 000 $ autorisée par le Conseil du Trésor.

 

De plus, le vérificateur estime que le CA n’aurait pas dû autoriser le versement d’une rémunération supplémentaire de 80 000 $ par l’Université de Montréal pendant deux ans.

 

Le représentant du syndicat local des infirmières du CHUM, Guy Brochu, a indiqué lundi après-midi que le syndicat se rangerait du côté de la décision du conseil. « Il ne faut pas seulement écarter M. Paire. La situation ne serait pas unique au CHUM. Il faut faire le tour du réseau », selon M. Brochu.

 

L’arbre qui cache la forêt

 

Les syndiqués CSN de l’établissement souhaitaient déposer au conseil d’administration une lettre adressée au ministre de la Santé, Réjean Hébert. « L’emphase mise actuellement sur la rémunération et sur le possible départ du directeur général Christian Paire peut rapidement devenir l’arbre qui cache la forêt », y écrivent Claude Talbot et Luc Bastien, respectivement président du Syndicat des employés du CHUM et vice-président régional à la CSN.

 

Ils y dénoncent d’autres « exemples de mauvaise gestion », comme la construction en PPP du nouveau CHUM et l’octroi d’un contrat d’approvisionnement à la multinationale Cardinal Health. Ils demandent d’ailleurs au ministre de tout mettre en oeuvre pour annuler ce contrat, en plus d’exiger une enquête du vérificateur général sur son octroi.

 

La semaine dernière, le ministre Hébert a soulevé la possibilité de mettre l’hôpital sous tutelle ou de désigner un accompagnateur.

 

Christian Paire est arrivé au CHUM en 2009. Le contrat d’embauche de M. Paire est resté confidentiel jusqu’à ce que Le Journal de Montréal l’obtienne, après trois ans de procédures.

 

Ce contrat stipulerait que M. Paire aurait droit à une indemnité de départ de deux mois de salaire par année de service.

 

Selon le retraité Pierre Fontaine, qui a quitté le conseil du CHUM cette année, le conseil n’avait pas toute l’information en main pour bien faire son travail et n’était pas au fait des détails du contrat de M. Paire. Il affirme qu’il en apprenait davantage par les médias. « Le comité exécutif décidait bien de ce qu’il divulguait au conseil d’administration comme information », explique-t-il. Il estime que le manque de transparence posait parfois problème, comme dans le cas du contrat d’approvisionnement accordé à la multinationale Cardinal Health. « Nous avons dû voter sans voir le contrat », déplore-t-il.

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