Allergies: exposer les bébés à risque dès six mois

Même les bébés à haut risque d'allergie alimentaire peuvent être exposés à des allergènes alimentaires dès l'âge de 6 mois, sans que cela n'influence le développement futur d'une réaction allergique.

Telle est du moins la position de principes que vient d'endosser la Société canadienne de pédiatrie (SCP) et la Société canadienne d'allergie et d'immunologie clinique (SCAIC) dans un document conjoint, proposant de ne pas retarder l'introduction d'aliments allergènes après six mois chez les nourrissons dont les parents ou les frères et soeurs souffrent de réactions à certains aliments.

«En retardant l'exposition alimentaire à des allergènes potentiels, comme les arachides, le poisson ou les œufs, vous ne réduisez pas le risque que votre enfant souffre d'une allergie alimentaire », a déclaré lundi le Dr Edmond Chan, allergologue et coauteur de la position de principes des deux organismes.

Une fois un aliment à potentiel allergène introduit dans la diète, il faut toutefois continuer à l'offrir régulièrement au bébé afin que ce dernier y reste tolérant, précise le Dr Chan.

Pendant longtemps, les pédiatres avaient comme lignes directrices de retarder l'introduction d'aliments au potentiel allergène élevé, chez les enfants de parents affectés par de telles allergies. Pour les arachides, les médecins ont même longtemps recommandé de patienter jusqu'à l'âge de deux ans avant d'exposer les nourrissons à cet aliment. Or, il semble que ces délais n'aident pas à réduire l'apparition de problèmes futurs.

Toutefois, le document de principe de la SCP signale que chaque cas doit faire l'objet d'une discussion entre le médecin traitant et les parents et tenir compte de l'anxiété générée par ce problème.

Par ailleurs, l'association des pédiatres rappelle qu'elle ne recommande pas aux femmes d'éviter les aliments allergènes pendant l'allaitement, notamment le lait, les oeufs ou les arachides. À ce jour, aucune donnée ne permet de tracer un lien entre la prévention des allergies chez l'enfant et la consommation d'aliments allergènes chez la mère qui allaite.
Les allergies alimentaires, qui touchent 7 % des Canadiens, semblent être en augmentation chez les bébés, touchant plus de 10 % des poupons d'un an.