Médicaments: les ruptures de stock se multiplient

En 2012, les difficultés à l’usine Sandoz de Boucherville avaient causé tout un casse-tête au réseau, alors que de nombreux médicaments injectables n’étaient plus livrés.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot En 2012, les difficultés à l’usine Sandoz de Boucherville avaient causé tout un casse-tête au réseau, alors que de nombreux médicaments injectables n’étaient plus livrés.

Depuis le début de l’année, 127 ruptures de stock ont affecté l’approvisionnement en médicaments des pharmacies et des hôpitaux. Alors que le fournisseur Sandoz éprouve de nouveau des problèmes, Québec a réuni son comité spécial qui travaille à éviter les contrecoups pour les patients.

 

En 2012, la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) avait répertorié 162 ruptures de stock. Des difficultés à l’usine Sandoz de Boucherville avaient causé tout un casse-tête au réseau, alors que de nombreux médicaments injectables n’étaient plus livrés.

 

Depuis cette crise, la situation a peu évolué, et les ruptures d’approvisionnement sont toujours aussi courantes. Par exemple, 36 produits sont fabriqués en quantités limitées ou sont actuellement en rupture de stock du côté de Sandoz.


Situation sous contrôle

 

La situation n’est pas encore à ce point critique, selon le ministre de la Santé, Réjean Hébert. « On savait que des problèmes s’en venaient et on travaille à amoindrir les impacts. Je ne crois pas qu’il y ait de problème actuellement pour l’approvisionnement des patients », dit-il. Le comité sur les ruptures d’approvisionnement a été convoqué en août dernier et il suit la situation de près, ajoute le ministre.

 

Sandoz n’a pas révélé les raisons qui forcent ce ralentissement de production et n’a pas non plus rappelé Le Devoir. En 2012, c’est une inspection de la Food and Drug Administration (FDA) américaine qui avait perturbé la chaîne de production.

 

Sur son site Internet, la compagnie indique que les mesures de redressement qu’elle doit mettre en oeuvre pour répondre aux exigences de la FDA la forcent à « cesser la production de certains produits et [à] interrompre provisoirement la production de certains produits injectables ».

 

Un rapport sans suite

 

Le rapport du comité québécois sur les ruptures d’approvisionnement, publié par les médecins et les pharmaciens en avril 2012, s’empoussière. Les pharmaciens s’impatientent. « On ne s’attaque pas aux causes, déplore le président de l’Association des pharmaciens d’établissement de santé du Québec, François Paradis. Le problème ne va pas se régler tout seul. »

 

Il mentionne que les quantités de certains antidouleurs, comme le Dilaudid et le Fentanyl, sont limitées en raison des baisses de production et que la crainte de manquer de produits pour des patients est toujours présente.

 

Pour Réjean Hébert, c’est au fédéral à agir, puisque lui seul a le pouvoir de forcer l’industrie à annoncer à l’avance les ruptures à venir. Il indique qu’avec ses homologues des autres provinces, il a récemment rappelé à Ottawa « l’importance de faire le ménage ». « De notre côté, on a tout mis en place pour qu’il y ait le moins de conséquences possible. »

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