Pas d’amendes pour forcer le retrait d’aînés des hôpitaux avant janvier

Les pénalités de 984 dollars par patient par jour devaient commencer à courir dès lundi prochain. Mais l’Agence de la santé de Montréal reporte finalement à janvier l’entrée en vigueur de cette mesure coercitive, qui pénalisera les établissements qui n’arrivent pas à sortir les personnes âgées des hôpitaux, faute de soins à domicile ou de places en maison d’hébergement.

 

Le spectre d’une pénalité financière semble tout de même avoir eu un effet : en deux mois, la moitié moins de lits sont occupés par ces patients âgés « en fin de soins actifs » —, c’est-à-dire qui pourraient recevoir leur congé. D’environ 210 en septembre, ils n’étaient plus qu’une centaine cette semaine, confirme l’Agence.

 

Sa p.-d.g., Danielle McCann, croit que les sommes injectées en soins à domicile sur l’île commencent à porter leurs fruits. Elle confirme que des patients en attente d’hébergement ont pu recevoir leur congé vers la maison à la place. « Personne n’a été retourné sans les services requis, je vous le garantis », assure Mme McCann.

 

« La mesure est toujours dans les cartons. Mais je suis persuadée que nous allons pouvoir implanter les changements nécessaires » et éviter de distribuer des pénalités, dit Mme McCann. « Tous les CSSS font actuellement des efforts considérables. »

 

Près de 100 000$

 

Avec la centaine de patients qu’il reste dans les lits d’hôpitaux, les amendes auraient tout de même grimpé à près de 100 000 $ par jour si elles avaient été appliquées dès lundi, comme prévu.

 

Les CSSS, qui auraient dû essuyer la facture, n’étaient visiblement pas enchantés de faire les frais de cette mesure approuvée par le ministre Réjean Hébert, a constaté Le Devoir auprès de quelques-uns d’entre eux. Au CSSS de la Montagne, on indique qu’il faudra clarifier à qui incombe vraiment la faute d’un patient coincé dans un lit d’hôpital. « Est-ce tel ou tel établissement, l’agence ? Il va falloir discuter avec l’agence et le ministère », dit le responsable des communications, Jean Paiement.

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