Assurance autonomie – La protectrice du citoyen a de vives inquiétudes

La protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot La protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain

La protectrice du citoyen Raymonde Saint-Germain demande que le cadre financier précis de l’assurance autonomie soit dévoilé et débattu. Elle croit aussi que l’échéancier du ministre Réjean Hébert, qui souhaite que sa réforme entre en vigueur en avril prochain, est « peu réaliste ».

En commission parlementaire mardi, Mme Saint-Germain a fait étalage de ses nombreuses inquiétudes, accueillant le projet avec « ouverture et prudence ».

« Avril 2014 est une date extrêmement ambitieuse », juge-t-elle. C’est à la lumière de ses rapports précédents, qui ont démontré que l’offre en soins à domicile est nettement insuffisante pour répondre aux besoins de tous, qu’elle se permet ce commentaire. « Une mise en place hâtive, c’est prendre le risque d’un bris de service », avertit-elle.

Mme Saint-Germain souligne aussi qu’avant même qu’un projet de loi n’ait été présenté, certains CSSS amorcent déjà le virage proposé dans le livre blanc. « C’est inquiétant, dans la mesure où la politique de soutien à domicile de 2003 n’est plus toujours respectée. La loi n’est même pas encore adoptée et on suit le livre blanc », soutient-elle. Elle cite les régions de Montréal, de Sherbrooke et de la Gaspésie.

Financement à éclaircir

Par ailleurs, au chapitre de la précipitation, la protectrice croit que le cadre financier complet doit être soumis à la discussion publique. « Toutes les données financières ne sont pas dans le livre blanc », dit Mme Saint-Germain. « Le fardeau fiscal, les contributions des usagers, tout cela devra être débattu de façon transparente », ajoute le vice-protecteur, Claude Dussault.

En matière de financement, Mme Saint-Germain est une des rares intervenantes à demander que la caisse d’assurance autonomie soit capitalisée, du moins en partie. « Il faut absolument qu’une partie des sommes versées aujourd’hui soit réservée aux patients du futur. Sinon, l’équité intergénérationnelle n’est pas au rendez-vous », dit Claude Dussault.

Sans s’opposer complètement à la tarification partielle des services, la protectrice affirme que son appui à l’assurance autonomie est conditionnel : « L’incapacité financière ne doit jamais être un obstacle » pour les usagers.

Contrairement à d’autres groupes, comme des syndicats, la protectrice ne s’oppose pas à la présence du privé et des entreprises d’économie sociale dans la prestation des soins à domicile. Mais l’encadrement devra être très serré, avertit-elle.

5 commentaires
  • Roland Berger - Inscrit 13 novembre 2013 09 h 42

    Une intervention politique

    Je n'arrive pas à conclure que l'intervention de Mma Saint-Germain n'est pas à caractère politique. Un critique du Parti libéral en santé dirait sensiblement la même chose.

    • Denis Marseille - Inscrit 13 novembre 2013 10 h 25

      C'est évident que quiconque critique le gouvernement péquiste le fait intentionnellement dans le but de lui nuire...

  • Jacques Patenaude - Abonné 13 novembre 2013 10 h 05

    À propos de la place du privé dans ce système

    La présence d'entreprises privées nécessiterait effectivement un encadrement très serré. Parlez-en au ministère des transport, une certaine commission Charbonneau nous le rappelle à tous les jours. Les libéraux ont introduit dans le domaine des garderie un sytème mixte privé-économie sociale: Doit-on rappeller à la protectrice du citoyen l'affaire Tomassi? La motivation première des entrepises privées est de maximiser les profits, il est souvent risqué lorsque le seul payeur est l'État que les promoteurs s'entendent entre eux pour maximiser ces profits. Personne ne pouvant s'approprier les profits dans des entreprises d'économie sociale, les promoteurs n'ont pas le même intérêt à maximiser ceux-ci le service aux membres prend alors le dessus.
    En tout cas si le privé est présent l'État doit prévoir un coût très élevé juste pour l'encadrement de ces services en plus de prévoir dans ces coûts un montant pour assurer aux entreprises privées un profit qui est légitime pour ce type d'entreprises.

  • Leclerc Éric - Inscrit 13 novembre 2013 20 h 32

    Vieillir a un prix pour tous

    Il est faut de prétendre que les personnes âgées plus riches paieront nécessairement plus cher que les plus pauvres pour demeurer à la maison de manière autonome si elles le désirent.

    Car tout comme pour l'assurance-médicaments, les personnes seules ou en couple qui désirent une assisstance médicale à la maison, devront payer le véritable coût des soins directement sur leur déclaration de revenus.

  • Marjolaine Gaudreault - Inscrite 13 novembre 2013 23 h 32

    Défaut du PQ

    Même si je suis à tendance péquiste, j'ai des réserves sur la possibilité d'avril 2014 pour débuter ce projet d'assurance autonomie.

    Le PQ a déjà fauté avec le système de santé par le passé en mettant à la retraite trop rapidement une expertise nécessaire à son projet de système ambulatoire. On dirait parfois qu'ils perdent la tête et s'empressent d'agir par crainte que quelqu'un d'autre leur vole le projet ou encore afin de gagner des élections. Ils oublient le réel bien-être des citoyens.