Soins de fin de vie - D’influents libéraux voteront contre l’avancée du projet de loi

D’anciens ministres libéraux ont fait savoir qu’ils s’opposent à l’aide médicale à mourir. Ministre de la Justice de 2008 à 2010, Kathleen Weil dira non à l’adoption de principe du projet de loi 52 sur les soins de fin de vie, tout comme Laurent Lessard.

 

L’ancienne ministre responsable des aînés, Marguerite Blais, se dit toujours en réflexion : c’est mardi qu’elle devra choisir de se lever ou non pour l’adoption du principe qui permettra au projet de loi de passer à la prochaine étape de son étude.

 

Mais l’adoption du principe fait peu de doute, de nombreux députés libéraux ayant indiqué qu’ils voteraient en faveur du projet de loi péquiste. Du côté de la CAQ, Hélène Daneault a indiqué qu’elle et son parti étaient en accord pour que le projet de loi passe à la prochaine étape. « Je pense que l’ensemble des Québécois a eu le loisir, tout au long de la Commission [spéciale sur la question] de mourir dans la dignité, de faire part de ses inquiétudes et de ses demandes », a-t-elle dit vendredi.

 

Après ce vote, le projet de loi sera étudié article par article, puis peut-être amendé avant que sa version finale ne soit soumise au vote.

 

Le chef de l’opposition officielle, Jean-Marc Fournier, ne s’opposera pas à l’adoption de principe, mais il demandera « toutes les garanties » que l’aide médicale à mourir demeure très balisée et exceptionnelle.

 

Soins palliatifs d’abord

 

Mais pour Kathleen Weil, « l’accessibilité aux soins palliatifs doit être réalisée avant que nous prenions la décision de légaliser ou non l’aide médicale à mourir ». C’est pourquoi elle votera contre l’adoption du principe, mardi

 

Laurent Lessard, dans la même veine, estime qu’il faut « mettre à niveau les soins palliatifs » et dit craindre les débordements, puisqu’il est « complètement contre » l’idée d’ouvrir l’accès à l’aide médicale à mourir aux personnes inaptes.

 

L’ancienne ministre responsable des aînés, Marguerite Blais, qui a participé aux consultations sur le projet de loi, a confié avoir été « remuée » jusque dans la nuit par cette expérience, qui l’a « touchée profondément » et suscité de nombreuses interventions contradictoires chez les citoyens de sa circonscription, mais aussi chez les aînés qui se confient à elle. « Je n’ai pas encore ma réponse quant à l’adoption du principe », a-t-elle dit vendredi à l’Assemblée nationale.

 

Le vote aura lieu mardi.

1 commentaire
  • Yvon Bureau - Abonné 28 octobre 2013 08 h 06

    C'est le député de ... qui votera

    Mardi soir, c'est le député de ... qui votera sur l'adoption de principe PL52.

    IL le fera certes selon sa conscience, comme toujours, je l'espère. Cependant, il aura conscience que d'arrêter un tel travail parlementaire remarquable et remarqué de plus de trois années est énorme de conséquences et en signification.

    Pour un député, voter selon sa conscience, c'est bien.

    Mais, il y a tellement mieux.

    Tout en étant très éthique, c'est de voter selon sa conscience, après avoir pris conscience que près de 80 % de sa population est en faveur d'une aide médicale à mourir, balisée et contrôlée, faisant partie de la continuité des soins; que sont favorables à l'AMAM le Collège des médecins, les Fédérations des médecins omnipraticiens et spécialistes, le Barreau du Québec et la CTSTCFQ, OIIQ...; que sont favorables aussi la majorité des organismes concernés s'occupant des malades, des personnes handicapées, des personnes les plus vulnérables de la population; que sont favorables...

    C'est supportant. C'est lourd d'appui et rassurant.

    Je me demande encore comment un député pourra voter contre l'adoption de principe du PL52?

    Sachant en plus que chaque article devra trouver une entente dans la Commission concernant les soins de fin de vie. avant de revenir à l'ANQ, pour le vote.

    Sachant que de tout cela va dépendre une plus grande paix sociale et professionnelle. Sachant que la dignité et que la sérénité des personnes en fin de vie, de leurs proches et de leurs soignants augmenteront magistralement.

    Aux députés hésitant à voter pour mardi soir, il est bon et nécessaire de lire et de relire à la page 53 du rapport de la Commissions spéciale sur la question de mourir dans la dignité, aux paroles des députés commissaires: « ... nous avons tenté, à titre de représentants élus de la population, de soupeser la valeur des arguments en regard de l'évolution des valeurs sociales, de la médecine et du droit ainsi que notre conception du bien commun».