La théorie Zamboni battue en brèche

La théorie de l’Italien Paolo Zamboni selon laquelle un rétrécissement des veines évacuant le sang hors du cerveau induirait la sclérose en plaques est battue en brèche par une nouvelle étude réalisée au Canada et publiée dans The Lancet.

Des chercheurs des Universités de Colombie-Britannique et de Saskatchewan ont examiné l’état des veines du cou de 79 personnes atteintes de sclérose en plaques (SP), de 55 frères ou soeurs normaux de ces patients et de 43 individus non apparentés sains par deux techniques d’imagerie, la phlébographie par cathéter et l’échographie. La phlébographie a révélé un rétrécissement de plus de 50 % des veines du cou chez 74 % des individus souffrant de SP, 66 % de leurs parents épargnés de la maladie et 70 % des volontaires sains.

Ces résultats, qui ne diffèrent pas de façon significative, montrent que « tout le monde peut présenter des sténoses, et qu’il n’y en a pas plus chez les personnes atteintes de SP que chez les normaux. Ils confirment aussi que la sténose n’est pas une cause de la maladie, comme le prétend la théorie du Dr Zamboni », résume le neurologue Marc Girard de la clinique de SP du CHUM.

Dans un commentaire publié dans la même édition de The Lancet, le neurologue allemand, Paul Friedemann, et le radiologue néerlandais, Mike Wattjes, considèrent que ces nouveaux résultats « sonnent le glas de l’hypothèse de l’insuffisance veineuse céphalorachidienne chronique (IVCC) comme cause de la SP ». Catégoriques, ils écrivent qu’« il n’y a plus aucune raison d’allouer d’autres ressources à cette recherche ».

À l’instar de ses collègues canadiens, parmi lesquels figure le Dr Girard, Anthony Traboulsee, de l’Université de Colombie-Britannique et premier auteur de l’étude, croit néanmoins important de poursuivre l’étude pancanadienne qui a débuté à Montréal et à Vancouver et qui consiste à comparer une dilatation des veines rétrécies par angioplastie à une intervention simulée. « Les patients ne sauront pas quel traitement ils ont reçu, car ils seront sous sédation. Si seules les personnes qui ont subi l’angioplastie vont mieux, cela voudra dire qu’il y a un effet, autrement, on comprendra qu’il s’agit d’un effet placebo », explique le Dr Girard, qui collabore à l’étude.