Le CHUM aura un accompagnateur pour la saine gouvernance

Après le CUSM, c’est au tour du CHUM de se voir attribuer un accompagnateur pour retrouver le chemin d’une saine gouvernance. C’est le conseil d’administration qui en a fait la demande mardi à l’Agence de la santé de Montréal.

 

La commission parlementaire qui a entendu le directeur général Christian Pair, en juin, puis le rapport de l’Agence de la santé ont convaincu le CA qu’il fallait agir. D’autant plus que le vérificateur général prépare aussi un rapport, qui devrait être rendu public dans les prochaines semaines.

 

« On veut s’assurer de la saine gouvernance », dit le président du conseil d’administration Alain Cousineau, qui va au-devant des coups, en quelque sorte. L’accompagnateur doit appliquer trois mesures de resserrement de la gouvernance : en matière de nomination et d’attribution de contrats, d’abord. Il doit aussi mettre en place un mécanisme de vérification interne.

 

À l’Agence de la santé de Montréal, on indique que l’accompagnateur sera nommé sous peu et ses mandats, précisés. Le CA a demandé un accompagnement de trois mois, mais à l’agence on se garde une marge de manoeuvre quant à la durée du mandat.

 

L’Agence n’a eu aucun contact avec la direction générale du CHUM sur le sujet. D’ailleurs, la direction générale du CHUM n’a pas souhaité faire de commentaires.

 

Les primes versées au directeur général Christian Pair, tout comme des nominations douteuses, ont soulevé des doutes sur la saine gestion de l’hôpital universitaire montréalais. Un contrat important d’approvisionnement accordé à la multinationale Cardinal Health, qui a déjà eu des démêlés avec la justice américaine, est aussi sous la loupe de l’Unité permanente anticorruption (UPAC.)

 

Problèmes de personnel

 

Les syndicats du CHUM espèrent tous que la présence d’un accompagnateur donnera des résultats, mais ils doutent que les problèmes de fond de l’établissement soient abordés, la gestion des ressources humaines au premier chef. « En trois mois, l’accompagnateur a besoin d’avoir un bon balai pour faire le ménage », dit Guy Brochu, président du syndicat infirmier affilé à la FIQ de l’établissement.

Quarts de travail obligatoires chez les infirmières, faible rétention du personnel, problèmes de recrutement : les syndicats estiment que ces problèmes entraînent des pertes financières importantes au CHUM. Pour Pierre Daoust, président du syndicat des employés du CHUM, « former des employés qui repartent aussitôt, c’est ça, l’argent jeté par les fenêtres au CHUM, le tout pendant qu’on multiplie le nombre de cadres ».

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