Santé: non à l’interdiction des signes religieux

La directrice générale de l’AQESSS, Diane Lavallée, demande à Québec d’exempter les 230 000 travailleurs de la santé de l'article de la charte des valeurs québécoises sur le port de signes religieux ostentatoires.
Photo: Le Devoir La directrice générale de l’AQESSS, Diane Lavallée, demande à Québec d’exempter les 230 000 travailleurs de la santé de l'article de la charte des valeurs québécoises sur le port de signes religieux ostentatoires.
« Le port de signes religieux ne pose aucun problème dans le réseau et nous craignons que leur interdiction n’entraîne des difficultés de recrutement et de rétention de personnel, en plus de créer des tensions malsaines là où il n’y en avait aucune », a livré Mme Lavallée en conférence de presse.

L’AQESSS a sondé les cadres de ses 125 établissements de santé sur la charte entre le 19 et le 25 septembre dernier. Les résultats sont sans équivoque : 100 % des établissements affirment ne rencontrer aucun problème avec le port de signes religieux. Ils n’ont reçu aucune plainte en ce sens dans les deux dernières années. Pourtant, près de la moitié des établissements comptent, parmi leur personnel, des personnes qui portent de tels signes ostentatoires. De plus, 97 % des établissements affirment que ces signes ne posent aucune difficulté dans les relations avec la clientèle.

« Nous avons des infirmières, des médecins, qui n’ont aucune ombre à leur dossier en 10, 15 ou 20 ans de pratique. On ne voudrait pas leur imposer de sanction disciplinaire sous prétexte qu’ils portent des signes religieux. On ne voudrait jamais en arriver là », dit Mme Lavallée.

Elle souligne également que les nombreux chercheurs qui travaillent dans le réseau sont recrutés à l’international et pourraient se détourner du Québec. Sans compter que pour les infirmières, les préposés, les pharmaciens et tous les autres professionnels de la santé, le recrutement demande un effort constant qu’il ne faut pas torpiller pour « régler un problème qui n’existe pas », martèle Mme Lavallée à la lumière des résultats du sondage.

« Malheureusement, le débat [sur la charte] a entraîné dans le réseau des tensions qui n’existaient pas auparavant, déplore-t-elle. Les établissements sont des lieux de soin. Il doit y régner un climat serein. »

Le sondage, avec un taux de réponse de 60 %, est représentatif, dit l’AQESSS, et la région de Montréal y occupe le même poids que dans la réalité.

Oui à l’encadrement des accommodements

L’AQESSS approuve toutefois la proposition de Québec pour encadrer les accommodements religieux. Même si un seul établissement dit avoir éprouvé « des problèmes significatifs » les concernant, la moitié sont favorables à la proposition de Bernard Drainville. Reste que 18 % des établissements dont en désaccord, et que plus de 30 % ne se prononcent pas.

L’AQESSS ne se prononce pas sur la charte des valeurs en soit, ni sur son application dans d’autres sphères de la société. Mais dans le système de santé, c’est non, tranche Diane Lavallée : « Je suis en tournée à travers le Québec, et ce que j’entends partout, c’est qu’il n’y en a pas de problème ».

 

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