Assurance autonomie - Le tiers des Québécois refuserait de payer

Avec le vieillissement de la population, de plus en plus de personnes deviennent proches aidants.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Avec le vieillissement de la population, de plus en plus de personnes deviennent proches aidants.

Le quart des Québécois serait prêt à payer davantage pour financer les services de maintien à domicile, alors que le tiers refuse net une telle possibilité. Quelques mois après la présentation du Livre blanc sur l’assurance autonomie par le ministre de la Santé, Réjean Hébert, qui n’exclut pas que les usagers doivent contribuer financièrement à cette nouvelle caisse, plusieurs n’arrivent tout simplement pas à se faire une idée sur cette question.

 

Lise Denis souhaite que la commission parlementaire à venir, qui doit se tenir à l’automne, permettra d’en débattre. La porte-parole de la semaine des droits des usagers espère que Québec mettra des propositions sur la table. C’est le Regroupement provincial des comités d’usagers qui a commandé ce coup de sonde.

 

« On voit que ce n’est pas une fin de non-recevoir. Mais les citoyens sont très sensibles à toute hausse de leur contribution pour les services. Il serait probablement plus sage de se diriger vers une modulation en fonction du revenu », dit l’ancienne présidente de l’Association des établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), qui a également été protectrice du citoyen.

 

Près de 65 % des répondants estiment que c’est au gouvernement et aux usagers de partager le coût des services à domicile, alors que 27 % croient que Québec doit assumer seul cette facture. Seulement 4 % des répondants pensent que c’est uniquement la responsabilité des malades.

 

Pour Mme Denis, c’est « l’heure de vérité ». « On parle d’assurance autonomie depuis le rapport Clair, en 2001. À l’AQESSS, j’étais à même d’observer les limites de nos capacités en maintien à domicile et les iniquités. Oui, il arrivait que des usagers aient droit à des services, mais on était incapables de les leur fournir. »

 

« Les ressources disponibles ne sont pas à la hauteur pour faire face à la musique, juge-t-elle. Ça va prendre un financement plus costaud. Mais comme société, est-ce qu’on va accepter d’y mettre les sous ? »

 

Un système public méconnu

 

Le sondage souligne également la méconnaissance des Québécois à l’égard tant du projet d’Assurance autonomie que des services publics déjà fournis pour le maintien à domicile des personnes en perte d’autonomie.

 

Le tiers des répondants croit que les services médicaux à domicile, comme ceux d’une infirmière, ne sont pas couverts par l’assurance maladie. Un autre tiers l’ignore. Dans les faits, ces services sont bel et bien couverts, mais les listes d’attente pour les obtenir sont parfois longues. Même chose pour les services comme l’entretien ménager ou l’aide à l’hygiène : des subventions et des crédits d’impôt peuvent diminuer leurs coûts, mais 65 % des Québécois croient qu’ils ne sont tout bonnement pas couverts.

 

Le manque d’uniformité dans les services offerts d’une région à l’autre explique en partie cette confusion, estime Lise Denis. « Et ce genre d’information n’est pas facilement accessible », ajoute-t-elle.

 

Le sondage, que Le Devoir a pu consulter, a été mené sur le Web par la firme Léger, entre le 21 et le 22 août dernier, auprès de 810 adultes.

 

Avec le vieillissement de la population québécoise, de plus en plus de personnes deviennent proches aidants. Parmi les répondants, 35 % ont déclaré avoir aidé à maintenir à domicile un parent ou un ami dans les dernières années. Chez les plus de 65 ans, cette proportion grimpe à 43 %. Par ailleurs, seulement 55 % des répondants déclarent qu’une personne de confiance pourrait les aider en cas de perte d’autonomie.

1 commentaire
  • André Michaud - Inscrit 30 septembre 2013 12 h 29

    Aucune confiance à la bureaucratie

    Avec le service minable dans le système de santé du Québec , le pire au Canada, comment croire sérieusement que serait mieux gérer cette assurance ??

    Toute ma vie (63 ans) j'ai fait attention à mon alimentation,à faire de l'exercice, éviter les excès...et j'ai contribué pour des milliers de dollars au système de santé que j'ai utilisé à de très rares occasions. J'ai payé pour combien de citoyens irresponsables ?

    Aujourd'hui quand j'en ai eu besoin , on me pose une sonde et me laisse pourrir à la maison depuis 2 semaines sans voir un urologue! Si j'avais gardé pour moi ma contribution de milliers de dollars j'aurais pu aller aux USA me faire soigner au privé dans un délais raisonable. Mais on m'a vidé les poches et je n'ai même plus d'alternative, complètement prisonnier de la mauvaises administration ultra bureaucratique ou personne est responsable !!!

    On en veut plus du tout de la bureaucratie inefficace et coûteuse de L'état québécois!! À quand des administrateurs efficaces et responsables pouvant être poursuivis au lieu de bureaucrates s'envoyant la balle constamment? Qui va mettre fin à cette escroquerie et respecter les citoyens?