Contamination au nickel - Le ministère assure que les concentrations sont acceptables

Québec — Le ministère de l’Environnement durable estime qu’aux niveaux actuels, les concentrations de nickel dans l’air de Vanier, à Québec, sont acceptables. Mais puisque le quartier est dans l’axe des vents dominants en provenance du port, il compte maintenir la surveillance de l’air dans le secteur.

 

« Sur Vanier, on continue de vérifier, mais les résultats sont en dessous de la norme acceptable dans le secteur », a expliqué le porte-parole du ministère, Frédéric Fournier.

 

Comme le révélait Le Devoir jeudi, l’air de Vanier est affecté par la pollution au nickel en provenance du port. Toutefois, les concentrations qui y sont observées (7,6 ng/m3) sont sous le seuil à partir duquel le ministère commence à s’inquiéter (12 ng/m3).

 

Dans l’article de jeudi, la porte-parole du comité de Vigilance de Limoilou, Véronique Lalande, faisait par ailleurs remarquer que les taux de Vanier dépassaient la norme à partir de laquelle la Santé publique commence à évaluer les risques de cancer du poumon, aussi minimes soient-ils (2 ng\m3).

 

Selon la Direction de la santé publique, le nickel peut surtout causer à court terme des allergies, de l’asthme et des problèmes cutanés. Pour ce qui est du cancer du poumon, le risque est minime mais pourrait augmenter chez une personne en contact avec la pollution 24 heures sur 24 pendant 70 ans.

 

En plus du cas de Vanier, le ministère a fait ces derniers mois des vérifications jusqu’à l’île d’Orléans et Lévis, qui se trouvent à une distance du port comparable à celle de Vanier.

 

À défaut d’une station d’échantillonnage, les experts du ministère ont procédé par « frottis » en analysant la poussière accumulée sur le bord des fenêtres. « Il n’y a aucun nickel qui a été mesuré », a signalé M. Fournier. Dès lors, on ne voit pas la nécessité d’installer des stations à ces endroits qui, contrairement à Vanier, ne sont pas dans le corridor des vents dominants en provenance du port.

 

Quant à Limoilou, les derniers taux demeurent trop élevés, même s’ils sont en baisse. « En 2011, il y a eu un dépassement de six fois la norme et aujourd’hui, ce qui est constaté est de deux fois la norme », précise M. Fournier. Les dernières concentrations de particules de nickel mesurées tournaient autour de 21 ng \m3.

 

Il semble par ailleurs que le ministère ne soit toujours pas satisfait des documents qui lui ont été fournis par la compagnie en cause dans cette affaire, soit Arrimage Saint-Laurent (ASL).

 

À la demande du ministère, ASL avait remis le 30 juillet un plan d’action détaillé afin de régler les problèmes d’émissions de poussière causées par ses activités de transbordement de minéraux. Or la partie du plan qui concerne la surveillance des émissions s’est révélée incomplète. « Il y a plusieurs demandes auxquelles on n’avait pas répondu, dont le plan d’échantillonnage du suivi de l’air, a signalé M. Fournier. Il y a des discussions avec eux ces jours-ci. » Le Devoir a tenté sans succès de joindre le porte-parole d’ASL jeudi et vendredi.

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