Science - Une pauvre flore intestinale prédispose à l’obésité

Un quart de la population des sociétés occidentales aurait une flore intestinale pauvre en nombre et diversité d’espèces bactériennes, ce qui prédisposerait à l’obésité, au diabète de type 2 et aux maladies cardiovasculaires, selon une étude franco-danoise publiée dans la dernière édition de la revue Nature.

 

L’intestin humain est colonisé par des milliards de bactéries que des chercheurs européens s’appliquent à identifier depuis quelques années à l’aide de techniques de bio-informatique qui répertorient les gènes bactériens présents dans les selles de divers individus.

 

En étudiant la flore bactérienne de 292 Danois, dont 169 étaient obèses, Stanislav Dusko Ehrlich de l’INRA en France, Oluf Pedersen de l’Université de Copenhague et leurs collègues ont découvert que 23 % de ces volontaires possédaient une flore bactérienne plutôt pauvre, comprenant en moyenne 380 000 gènes microbiens différents, soit 40 % de moins que la plupart des autres volontaires qui étaient porteurs d’une riche flore bactérienne incluant environ 640 000 espèces bactériennes.

 

Les chercheurs ont également observé une plus grande prévalence d’espèces bactériennes pro-inflammatoires, c’est-à-dire induisant une faible inflammation chronique, chez les individus dotés d’une flore intestinale pauvre, tandis que des espèces anti-inflammatoires étaient davantage fréquentes chez les personnes pourvues d’une flore bactérienne bien diversifiée. « Or, cet état d’inflammation chronique affecte le métabolisme et accroît le risque de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires », précisent les chercheurs dans leur article.

 

Les scientifiques ont par ailleurs remarqué que le groupe d’individus hébergeant une faible diversité bactérienne présentait un plus grand pourcentage de tissus adipeux, des niveaux accrus de triglycérides, une plus grande résistance à l’insuline et étaient plus souvent obèses que les personnes dotées d’une grande richesse bactérienne.

 

De plus, ils ont noté que les personnes obèses avaient gagné significativement plus de poids que les individus pourvus d’une flore intestinale abondante et diversifiée durant les neuf années qu’a duré l’étude.

 

Les auteurs de l’étude affirment pouvoir déterminer facilement (en vérifiant la présence de seulement six espèces bactériennes) si la flore intestinale d’une personne est déficiente ou bien nantie, ce qui permettrait de dépister tôt les personnes à risque de souffrir de maladies métaboliques.

 

Habitudes alimentaires

 

Dans la même édition de la revue Nature figurent aussi les résultats d’une autre étude menée en France sur 49 personnes obèses ou en surpoids, montrant qu’un régime limité en calories suivi pendant six semaines parvenait à accroître la diversité de la flore bactérienne.

 

Et que cet enrichissement de la diversité bactérienne était aussi associé à une diminution du tissu adipeux et du cholestérol circulant. « Cela suggère qu’il serait possible de réparer les dommages causés à notre flore intestinale simplement en changeant nos habitudes alimentaires », fait remarquer le chercheur Oluf Pedersen.

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Ce texte a été modifié après publication.

4 commentaires
  • Louise Gagnon - Inscrite 6 septembre 2013 08 h 03

    Le kefir

    Extrêmement riche en bactéries.

    • Franklin Bernard - Inscrit 7 septembre 2013 12 h 53

      J'en suis un inconditionnel. Mais il est peu connu, et même dans bien des marchés et supermarchés, quand on demande où il se trouve, on se voit répondre par un regard vague et interrogateur: «Le quoi?»

  • Jacques Morissette - Inscrit 6 septembre 2013 10 h 06

    Ce texte me semble un peu tordu sur les bords?

    Un peu tordu ce texte? N'y aurait-il pas dans l'obésité une certaine influence dans la manière de s'alimenter au quotidien?

  • Anne-Marie Leclerc - Inscrite 6 septembre 2013 21 h 34

    pas du tout tordu

    Ce n'est pas tordu, puisque notre alimentation a un rôle à jouer sur le type de flore intestinale que nous avons.