Le pot particulièrement nocif pour les jeunes ados

Plants de cannabis
Photo: - Le Devoir Plants de cannabis

Alors que la légalisation du cannabis fait actuellement l’objet de débats au pays, une nouvelle étude effectuée par des chercheurs de Montréal et de New York révèle que la consommation de cette drogue peut s’avérer délétère pour les jeunes adolescents, qui deviendraient ainsi plus susceptibles de développer une dépendance aux drogues dures et des troubles psychiatriques à l’âge adulte.

 

Les chercheurs ont passé en revue plus de 120 études analysant le lien entre la consommation de cannabis et le cerveau des adolescents, sachant que ce dernier présente encore à cette période de la vie une grande plasticité, qui le rend vulnérable aux effets de l’environnement, dont notamment l’exposition aux drogues. Les auteurs de l’étude publiée dans la revue Neuropharmacology font remarquer que ces jeunes adultes sont aujourd’hui très nombreux à percevoir le cannabis comme une drogue inoffensive.

 

Exposition répétée

 

Or, la compilation des données cliniques et épidémiologiques qu’ils ont effectuée suggère l’existence d’un lien significatif entre une exposition répétée au cannabis tôt dans la vie et la consommation de drogues dures à l’âge adulte. Les auteurs précisent aussi que les conséquences de l’usage du cannabis s’avèrent plus délétères chez les jeunes adolescents que chez les plus âgés qui entrent dans l’âge adulte. En plus d’accroître la prédisposition à l’accoutumance - au cannabis et à d’autres drogues - plus tard dans la vie, l’usage de cannabis à l’adolescence favorise aussi l’apparition de problèmes psychiatriques, comme la psychose, la schizophrénie, ou des troubles cognitifs affectant la mémoire et l’attention.

 

« Lorsque le cannabis est consommé par un adulte ne possédant pas de vulnérabilité particulière sur le plan biologique et psychologique, il est relativement peu nocif. Par contre, s’il est consommé par des personnes très jeunes, comme des adolescents, il aura un effet beaucoup plus nocif sur la santé mentale », indique l’un des auteurs, Didier Jutras-Aswad, professeur au Département de psychiatrie de l’Université de Montréal et au CHUM.

 

Les auteurs soulignent toutefois que seulement 25 % des adolescents et 19 % des jeunes adultes qui prennent du cannabis développeront une consommation abusive ou une dépendance à l’âge adulte, en raison de vulnérabilités génétiques et psychologiques particulières.

 

Dans leur article, les auteurs déplorent le fait que « les débats sur la légalisation de la marijuana et les politiques qui s’ensuivent se font sans prendre en compte l’impact de cette drogue sur une population des plus vulnérables, soit les ados, ou sans prendre en considération les données scientifiques ».

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