Nouveaux pouvoirs aux pharmaciens: une facture de 100 millions $ pour l'État

La loi 41 donnera aux pharmaciens le pouvoir de prescrire et d'ajuster certains médicaments à compter du 3 septembre.
Photo: Archives Le Devoir La loi 41 donnera aux pharmaciens le pouvoir de prescrire et d'ajuster certains médicaments à compter du 3 septembre.

Québec — Les nouveaux pouvoirs octroyés aux pharmaciens vont coûter quelque 100 millions $ par année à l'ensemble des contribuables.

L'évaluation provient de l'ex-ministre de la Santé, Yves Bolduc, le père de la loi 41, qui donne aux pharmaciens le pouvoir de prescrire et d'ajuster certains médicaments à compter du 3 septembre.

Jusqu'à maintenant, ni son successeur, l'actuel ministre de la Santé Réjean Hébert, ni l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) n'avaient voulu se risquer à donner un chiffre évaluant l'impact financier de la mesure sur les finances publiques.

En point de presse mercredi, M. Bolduc a lâché le morceau, en faisant valoir qu'au bout du compte le Québec ferait tout de même des économies, grâce à une baisse présumée d'affluence dans les cabinets de médecin, les cliniques médicales et les salles d'urgence. C'était précisément là le but de la loi 41.

Pendant ce temps, les négociations entre Québec et les pharmaciens se poursuivent en vue de déterminer précisément pour quels services les pharmaciens pourraient facturer des honoraires et quel montant Québec est prêt à rembourser. Les pharmaciens vont exiger des honoraires allant de 12,50 $ à 30 $ pour chaque consultation.

M. Bolduc s'est dit préoccupé par le choix du ministre de la Santé de préconiser ce qu'il appelle un «système à trois vitesses», qui fera en sorte qu'on se retrouvera avec trois catégories de patients: ceux dont le service en pharmacie sera assuré par l'État, ceux qui seront pris en charge par leur assurance privée et ceux qui devront payer la consultation de leur poche, si leur assureur refuse la facture.

Il aurait souhaité que les services offerts par les pharmaciens relèvent de l'assurance-maladie plutôt que de l'assurance-médicaments, afin d'assurer une couverture universelle et gratuite.



 
2 commentaires
  • Denis-Émile Giasson - Abonné 21 août 2013 16 h 43

    Toujours plu$!

    Les «nouveaux» actes offerts par les pharmaciens devaient remplacer des actes déjà posés par les médecins. Nous pouvions croire que ce que les premiers allaient empocher les seconds en seraient privés. Que non: nous aurions à payer encore plus... 100 millions selon le bon docteur Bolduc qui avait déjà avantagé jusqu'à plus faim ses dodus collègues.
    Faudrait-il revoir en entier le système de prestation des soins et son financement au Québec pour découvrir que les difficultés des citoyens à obtenir des services acceptables tiendrait plus en la voracité des pourvoyeurs de services qu'aux coûts réels de ces services? Un peu comme dans le merveilleux monde du sport où des joueurs millionnaires n'en donnent pas nécessairement plus que d'honnêtes «plombiers».

  • isidore grao - Inscrit 23 août 2013 09 h 58

    nouveaux pouvoirs aux pharmaciens

    Quid de la responsabilité des pharmaciens ? N'oublions pas pas qu'ils se font rémunérer ! Auront-ils une responsabilité de "moyen" ou de " resultat" ?
    Seront-ils en mesure de poser un bon diagnostic et de donner le bon médicament qui tiendra compte des eventuelles allergies du patient . Comment vont-ils gerer ce probléme ?
    On risque d'arriver à une médecine à deux vitesses ! Les riches chez le medecin , les moins riches chez les apothicaires !