Pharmaciens - L'ancien ministre Bolduc contredit Réjean Hébert

L’ex-ministre de la Santé et député libéral, Yves Bolduc, réfute l’argument présenté mercredi par le ministre de la Santé, Réjean Hébert, voulant que l’utilisation de la «carte soleil» chez le pharmacien soit trop complexe à mettre en place.
Photo: Annik MH de Carufel - Archives Le Devoir L’ex-ministre de la Santé et député libéral, Yves Bolduc, réfute l’argument présenté mercredi par le ministre de la Santé, Réjean Hébert, voulant que l’utilisation de la «carte soleil» chez le pharmacien soit trop complexe à mettre en place.

L’ex-ministre de la Santé et député libéral Yves Bolduc soutient que, sous le gouvernement précédent, les nouveaux actes consentis aux pharmaciens devaient être assumés entièrement par l’État par le truchement de l’assurance maladie. C’est lui qui avait déposé le projet de loi initial, en 2011.

 

« Dans mes discussions avec les pharmaciens, je savais qu’ils devaient être rémunérés. Et on pensait à une couverture globale pour toute la population », a confirmé le critique de l’opposition libérale en matière de santé en entrevue au Devoir jeudi.

 

« Puisque grâce aux pharmaciens on évite des frais de consultation chez le médecin, c’était logique de mettre en place un système pour que toute la population soit couverte », ajoute le Dr Bolduc.

 

Il rejette l’argument présenté par le ministre de la Santé, Réjean Hébert, mercredi voulant que l’utilisation de la carte soleil chez le pharmacien soit trop complexe à mettre en place.

 

« Tout le monde a un numéro d’assurance maladie et tous les pharmaciens sont branchés avec la RAMQ », soutient le Dr Bolduc.

 

« Ça va être le free for all pour les deux ou trois prochaines années. C’est décevant, car nous étions tous très fiers de ce projet-là. Nous devions améliorer le système de santé, et je suis très déçu de la tournure des événements. »

24 commentaires
  • J-Paul Thivierge - Abonné 15 août 2013 14 h 11

    La valeur de payer la RAMQ

    Dans ce débat on doit se souvenir que ceux qui n'ont pas accès à l'assurance privée ( 40 % des contribuables ) doivent verser annuellement au moment des impts annuels, presque 600 $ au fonds de l'assurance médicaments même si nous consommons aucun médicament. Alors, l'argument des pharmaciens ne tient pas trop bien la route en disant que ceux qui contribuent à des assurances privées devraient être couverts par l'assurance santé... dans ce cas tout ceux qui paient le régime public de la RAMQ mais qui n'achètent Jamais de médicaments prescrits doivent demander de ne pas payer leur contribution obligatoire et involontaire de 600$ annuellement .
    Ce qui est bon pour minou doit être bon pour pitou !

    • Jacques Paquet - Inscrit 16 août 2013 09 h 23

      Monsieur Thivierge,

      Les assurances privées ne sont pas gratuites -loin de là- et, dans le cas des assurances-groupes, elles sont souvent obligatoires (par ex: les employés du gouvernement du Qc). Je peux donc être obligé de payer plusieurs centaines de dollars par année, même si je ne fais aucune réclammation, ce qui est le principe d'une assurance, il me semble. Alors pourquoi les assurés du privé seraient-ils tenus de payer, dans un tel contexte? Justement, ce qui est bon pour minou, l'est pour pitou et tous les québécois devraient être traités avec équité dans ce dossier!

  • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 15 août 2013 14 h 42

    Comment ose-t-il s'exprimer encore?

    Au bilan Bolduc : augmentation du temps d'attente aux urgences, stagnation du nombre de médecins sur l'île de Montréal, voltes-face et improvisations, comme dans la solution des deux hôpitaux de Charlevoix, qui coûteront bien 1 milliard...

    Surtout, à-plat-ventrisme face aux corporations : limitation arbitraire des admissions en médecine générale dans les facultés, combinée à la discrimination injustifiée envers les médecins formés à l'étranger ; accord donné aux demandes des médecins quant à l'accroissement de nombre de lits et autres gadgets technologiques au CHUM, faisant gonfler la facture de 30% dans un contexte de mauvaise utilisation des ressources déjà disponibles ; augmentation salariale de l'ordre de 50% entre 2009 et 2016 aux médecins (500 millions pour 2012!!!).

    Je sais, c'est un politicien, il doit donc faire semblant de critiquer même s'il n'y comprend rien. Tout de même, un tel cynisme envers les électeurs me dégoûte.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 15 août 2013 18 h 17

      Mr Lamy-Théberge...Il faut regarder légèrement plus loin dans le passé...Soit 15 ans en arrière...C'est le PQ qui a envoyé le systéme de santé dans le ravin et les conséquences de cette malheureuse décision d'envoyer 1700 médecins à la retraite anticipée et un nombre similaire d'infirmières expérimentées...au nom du déficit zéro...Mr Bouchard ou Mr Landry..C'est trop facile de balayer cette vérité sous le tapis!!!

    • Gilles Théberge - Abonné 15 août 2013 20 h 46

      Dans le dossier actuel il est question de gros sous monsieur Wandelmaier. Rien que de gros sous, et rien d'autre que de gros sous. Ce n'est certainement pas par un souci de préoccupation envers la population. Tout est en place pour transformer le serment d'hypocrate en serment d'hypo...

      La décision malheureuse de Lucien bouchard en 1998 n'a strictement rien à voir avec la partie de souque à la corde à laquelle se livrent présentement les privilégiés du système de santé.

      Si vous voulez analyser la situation, au moins utilisez les paramètres appropriés...

    • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 15 août 2013 21 h 25

      M. Wandelmaier : c'est l'essentiel de votre réflexion, c'est la faute au gouvernement d'il y a 15 ans? C'est sa faute si les médecins grugent aujourd'hui 5% du budget de la province, pour 20 000 personnes?

      J'ai également omis de mentionner cette autre responsabilité toute bolducoise, soit d'avoir laisser les universités former des infirmières praticiennes spécialisées sans avoir créé les conditions de leur intégration dans le système. Les médecins demandent d'être rémunérés, il faut souligner, pour accepter d'avoir une IPS dans leur équipe, alors que leur introduction en Ontario ou au Brésil a considérablement dynamisé les services de première ligne, malgré tous les efforts vers le déficit zéro...

      La structure actuelle est défaillante, non par manque de ressources mais par manque d'efficience, causé directement par l'action égoïste de diverses corporations professionnelles...

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 16 août 2013 09 h 00

      Mr Théberge, c'est madame Wandelmaier...Merci!

      Vous avez partiellement raison! Il y a une guerre de territoire ( depuis longtemps) entre médecins, pharmaciens et infirmières pour fournir tel ou tel service médical...Le contexte de pénurie actuel fait que les médecins sont entrain de perdre la bataille au profit des pharmaciens...

      Ces derniers sont clairement moins qualifiés en vue de modifier une prescription sans une évaluation correcte de toute la personne...Et, de plus, ils n'en ont pas le temps non plus...Le future montrera combien d'erreurs médicales en découleront...qui retomberont sur le système de santé...J'appelle cela une économie de bouts de chandelle..qui, de plus, ne désengorgera pas les urgences ni les bureaux de médecins...

      De plus,si le renouvellement d'une prescription entraine des frais personnels suplémentaires, la majorité des gens sans assurance reviendront s'assoir dans le bureau de leurs médecins...

      La source des erreurs commises, il y a 15 ans et aujourd'hui, relèvent du fait que ces stratégies sont éllaborées par les technocrates du MSSS qui sont totalement ignorants de ce qui se passe sur le terrain...Sans parler des visions politiques qui, au fond, sacrifient le plus souvent le bien-être de la population pour atteindre leur but!

    • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 16 août 2013 10 h 22

      Toutes mes excuses Mme. Wandelmaier.

      Je cherche mais ne trouve pas la partie manquante du «partiellement».

      Vous me répondez que les pharmaciens sont «clairement moins qualifiés en vue de modifier une prescription». Puisque 50% de la clientèle de l'urgence est constituée de gens affectés de maladies chroniques s'y présentant pour modifier leur prescription à un moment où leur médecin de famille n'est pas disponible (donc, la plupart du temps, puisqu'on a vu qu'augmenter le salaire des médecins les a conduit à travailler moins), croyez-vous qu'ils soient plus dangeureux pour eux de se présenter à une pharmacie où ils possèdent un dossier ou d'attendre à l'urgence? Leur trouver une autre option que l'urgence serait une économie de bouts de chandelle?

      Contrairement aux «technocrates» du MSSS, vous savez ce qui se passe sur le terrain? Vous savez que les infirmières sont celles qui connaissent le mieux les patients hospitalisés, mais qui ne peuvent souvent rien faire tant que le médecin n'est pas venu lire le dossier, jaser 5 minutes avec le patient et apposer sa signature pour la facturer?

      Le problème est dans cette guerre de territoire où les médecins sont clairement gagnants, lointain héritage du patriarchat campagnard. Comme les lobbys de l'énergie, ils oeuvrent en coulisse pour leurs intérêts, et les politiciens semblent y trouver leur compte...

    • Louka Paradis - Inscrit 16 août 2013 12 h 24

      à Sol W. : ça fait longtemsp que ces médecins, qui étaient à quelques années seulement de leur départ, auraient pris leur retraite de toute façon ; la cassette est usée et désuète. Charest a failli à tenir sa promesse et il s'est empressé d'accuser les autres de son échec. Toujours la faute des autres... on connaît cette chanson libérale qu'on a entendue ad nauseam. C'est le temps que ça change et c'est ce que tente de faire le gouvernement en place. Donnons-lui les 9 ans dont ont bénéficié leurs prédéceseurs, et nous pourrons ensuite comparer équitablement les réalisations. Et pour une réelle équité, donnons-lui la majorité pour qu'il ait les coudées franches.

      Louka Paradis, Gatineau

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 16 août 2013 14 h 17

      @Mr Paradis...La chanson que nous entendons le plus souvent au Qc :" C'est la faute du Fédéral". Heureusement que La santé est de juridiction provincial ou nous entendrions encore cette "tune"...

      Il faut 7-8 ans pour former un généraliste et 12 ans pour former un spécialiste en moyenne...Et les gouvernements ont tardé à réagir avant de laisser enter en faculté plus d'étudiants en médecine..Ce qui fait que le fossé n'a pas été comblé pendant longtemps...Vous voyez? La cassette n'est pas si vieille que cela...

      @ Mr Lamy-Théberge...Cette clientèle de malades chroniques sont ceux aussi qui ont le moins de moyens de payer un supplément en pharmacie...Je veux simplement dire: donnons une chance au coureur et voyons si l'idée est si glorieuse...J'ai des gros doutes à ce sujet, ayant vu à quel rythme effréné les pharmaciens travaillent eux aussi!

      De plus, nous vivons de plus en plus dans une société qui ne laisse plus passer une erreur médicale et je vois un conflict de responsabilité entre les médecins et pharmaciens si un évènement malheureux survient...

      Il y a un proverbe populaire espagnol: avec deux capitaines, le bateau coule à pic!

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 16 août 2013 14 h 20

      Ps:Un ticket modérateur même modeste est la solution pour désengorger les salles d'attente, au bureau et à l'urgence!

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 17 août 2013 09 h 27

      ...mais aucun gouvernement, de quelque couleur que ce soit, n'a le courage politique d'instaurer ce ticket modérateur!

  • Claude Kamps - Inscrit 15 août 2013 15 h 09

    Pauvre raisonnement...

    Mr Bolduc ne tient pas compte de la «taxe santé» que lui et Charest ont imposés au Québécois, sans tenir compte de leurs revenus...
    Le PQ pour l'année en cours a été dans l'impossibilité de la couper, la plupart des dépenses avaient déjà été engagée...
    Le prochain budget Marois sera le vrais test de la gauche....

    • Mario Leroux - Inscrit 16 août 2013 06 h 49

      Il n'avait qu'à permettre une hausse des droits de scolarité dans les Universités.Le gel est une aberration lorsqu'on regarde ce qu'il en coûte ailleurs en Amérique du Nord!Faut arrêter de rêver!

    • Franklin Bernard - Inscrit 16 août 2013 09 h 57

      Et si on regardait tout en Amérique du Nord, M. Leroux? Vous savez quel est le taux marginal d'imposition maximum aux USA? 33%. Ici, ça peut avoisiner les 50%. Comparons des comparables.

    • Mario Leroux - Inscrit 16 août 2013 10 h 45

      Alors on se limite à l'Ontario?

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 17 août 2013 11 h 27

      On hausse des droits de scolarité dans les Universités pour appliquer ces revenus à la santé ! Belle exercice de comptabilité inventive !

  • Silvain Lauzier - Inscrit 15 août 2013 15 h 25

    La valeur de payer la RAMQ

    Quand on pense qu'on éli des adultes et qu'après on les voie se contredire sur la place public, pas fort, messieurs les ministre soyez assez adulte pour vous comprendre et arrêter de vouloir nous faire passer pour des ....

  • Jean Lengellé - Inscrit 15 août 2013 16 h 27

    La couleur politique n'a pas grand chose à voir dans ce fiasco

    En fait, lorsque l'on écoute les nouvelles (CBOFT dans mon cas, il y a quelques minutes) on se fait dire que les pharmaciens devaient remplacer les médecins, et que donc, qu'il y aurait un désengorgement des urgences.
    Or, rien n'est plus faux, les pharmaciens ne peuvent poser de diagnostics ni prescrire des médicaments de leur propre chef.
    Ils ne peuvent exécuter que des actes "pharmaceutiques", qui doivent être défrayés comme tous les autres.
    Autrement dit, à force de faire miroiter des miracles, tout le monde finit par y croire, et tout ce beau monde crie au meurtre en voyant soudainement la plate réalité: les pharmaciens ne sont pas médecins, et encore moins des médecins à bon marché.

    • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 15 août 2013 22 h 00

      C'est bien de suivre les nouvelles, mais tout n'est pas toujours dit clairement. Il est absurde qu'un malade qui a déjà reçu son diagnostic d'un médecin doive patienter pour obtenir une nouvelle prescription. C'est aussi le cas pour de nombreuses infections bénignes, pour lesquelles un antibiotique est requis. Cela n'inclut pas tous les médicaments, loin de là. La question ici est le moyen de rémunérer ces actes déjà acceptés par les parties prenantes.

      Vu d'un autre angle, ce ne sont pas tous les actes posés par le médecin qui exigent la formation qu'il reçoit. Il n'y a pas de miracle là-dedans, qu'un partage plus rationnel de tâches.