Médication générique - Une tarification «dégressive» est recommandée

Le régime québécois d’assurance médicaments devrait adopter un nouveau mode de fixation des prix, la « tarification dégressive », suggère-t-on dans un rapport sur la fixation des prix des médicaments génériques au Québec.


Le rapport vient d’être déposé devant le Commissaire à la santé et au bien-être, qui doit produire cet automne un rapport sur la performance générale du système de santé du Québec.


La tarification dégressive s’inspire du régime déjà en place au Québec. Elle prévoit la fixation du prix d’un médicament générique à partir d’un pourcentage du prix du médicament d’origine, mais elle est établie en fonction du nombre de fabricants de médicaments génériques actifs sur le marché. Pour les fins de l’étude, trois méthodes de fixation des prix ont été examinées, à savoir l’appel d’offres, comme ce qui existe en Nouvelle-Zélande, l’étalonnage, aussi appelé benchmarking, comme il existe au Royaume-Uni, et la tarification dégressive.


Les auteurs estiment que la tarification dégressive serait la plus avantageuse pour le Québec, puisqu’elle aurait représenté une économie de 122 millions dans le remboursement des 10 médicaments génériques constituant les plus importantes dépenses du régime public d’assurance médicaments.


À titre de comparaison, le système d’étalonnage aurait permis une économie de 52 millions et le système d’appels d’offres, de 115 millions.


Le Québec est la province où il se prescrit la plus faible proportion de médicaments génériques au Canada. Les prix des médicaments génériques « excèdent considérablement ceux de pays étrangers comparables, à l’exception de la Suisse », souligne-t-on dans l’étude.

 

Modestes changements


Bien qu’il y ait eu d’importantes modifications au Québec depuis 2007 - baisse des prix des médicaments génériques et encadrement des honoraires des pharmaciens -, « les bénéfices qui en découlent ne reviennent pas à ceux qui en assument les débours, soit les patients bénéficiaires et les tiers payeurs », écrivent les auteurs de la recherche.


Les chercheurs font aussi valoir que cette méthode « ne nécessiterait que de modestes modifications au sein du cadre réglementaire et législatif québécois existant, en plus de représenter la plus importante diminution des coûts liée aux médicaments couverts par le régime public d’assurance médicaments ».