Enquête de l'ISQ - 25 % des enfants sont exposés à la violence des parents

Un enfant sur quatre au Québec est exposé aux conduites violentes de ses parents l’un envers l’autre. Ce climat de violence conjugale est en corrélation directe avec les sévices plus fréquents que subissent ces enfants, sous forme d’agressions physiques et psychologiques.


Ce constat inédit est tiré de la troisième enquête de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) sur la violence familiale dans la vie des enfants (les attitudes parentales et les pratiques familiales). Pour une première fois, les chercheurs ont en effet observé l’exposition des enfants aux conduites violentes entre leurs parents, et ce, sous trois formes : violence verbale, violence psychologique et violence physique.


Châtiments corporels


Résultat : 25,4 % des enfants ont au moins une fois entendu des insultes, des propos ridiculisants ou des humiliations verbales échangés entre leurs parents ; 5,6 % ont été témoins de violence psychologique (menaces de blessures, destruction de matériel, objets lancés, coups portés dans le mur) ; et 1,7 % ont assisté à des épisodes d’agressions physiques : bousculades, coups, gifles, gorge serrée, etc.


Bien que la majorité (73 %) des enfants ne soient pas exposés aux disputes entre leurs parents, deux enfants sur dix âgés de 6 mois à 17 ans voient une forme ou l’autre d’agression au cours de l’année, particulièrement verbale.


Le triste spectacle qu’offrent les parents en s’agressant ainsi est en corrélation directe avec les violences dirigées vers les enfants eux-mêmes. En effet, 73 % des enfants ayant été témoins de cette violence conjugale ont eux-mêmes été violentés, contre 34 % des enfants qui n’ont pas connu le cycle des parents qui se querellent.


L’enquête confirme en outre la diminution constante du recours à la fessée et aux tapes. Mais on y apprend que les petits subissent les cris et hurlements de parents soumis à une vie dont le rythme essoufflant augmente le niveau de stress.


Fait inquiétant : la statistique concernant la violence physique sévère (secouer un enfant de moins de 2 ans, le frapper avec un objet dur, lui donner un coup de poing ou un coup de pied, lui serrer la gorge, lui donner une raclée, le jeter par terre ou lui donner une claque au visage, sur la tête ou les oreilles) n’a pas bougé avec le temps. Six pour cent des petits y sont encore soumis.


Les entrevues menées en 2012 auprès de 4029 mères et 1342 pères permettent de conclure que 35 % des enfants du Québec se sont frottés au moins une fois en un an aux tapes et aux fessées (contre 48 % en 1999 et 43 % en 2004). Même s’ils pratiquent plutôt les mesures disciplinaires non violentes, la vaste majorité des parents interrogés (81 % des mères et 79 % des pères) croient « que les parents du Québec sont trop mous avec leurs enfants ».

9 commentaires
  • Frédéric Jeanbart - Inscrit 19 juin 2013 02 h 30

    La conclusion de l'article?

    Ne pas être "mou", ça ne veut pas dire d'adopter l'une ou l'autre forme des ces formes de violence. C'est ce qui semble difficile à saisir pour la majorité des ces parents.

  • Jocelyn Cloutier - Inscrit 19 juin 2013 07 h 11

    La protection des enfants est-ce autre chose qu'une chasse aux subventions ?

    Et nos bien-pensants sociaux excusent totalement la violence extrême traduite par l'assasinnat de ses propres enfants allant jusqu'à mépriser ceux qui s'en offusquent.
    D'autres valeurs nous semblent beaucoup plus importantes qu'une véritable protection de nos enfants.

    • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 19 juin 2013 16 h 09

      Vous voudriez les renvoyer à la cathéchèse, n'est-ce pas?

  • Stéphanie LeBlanc - Inscrite 19 juin 2013 08 h 50

    La Cour suprême et les corrections physiques

    Bien que l’article 43 du Code criminel canadien autorise toujours les parents à employer une force physique “raisonnable” (terme qui reste à définir) pour corriger leurs enfants, la Cour suprême a décrété qu'une correction physique ne doit pas être “dégradante, inhumaine ou douloureuse”. En outre, la correction doit être de nature “passagère et négligeable” et ne doit pas être motivée par la frustration ou la colère du parent. Je doute que les parents à bout qui cèdent à la colère respectent toujours ces nuances.

    La Cour suprême a également situé à 2 ans l’âge auquel un enfant est capable de comprendre la correction physique et la loi québécoise interdit de frapper un enfant de 12 ans et plus. Cependant, je crois que si on veut que les enfants règlent leurs conflits sans frapper les autres, il faut commencer par ne pas les dresser aux coups et aux claques, (même lorsque celles-ci ne sont pas douloureuses) et que leur âge donne le droit à leurs parents de les corriger...

    Voici les coordonnées de Ligne-Parents (anciennement SOS-Parents), une ligne d’aide et téléphonique gratuite et disponible en tout temps pour les parents:

    1-800-361-5085

    http://ligneparents.com/menu/index.php?lang=fr&

  • Gilles Roy - Inscrit 19 juin 2013 10 h 18

    En d'autres termes...

    74,6 % des enfants n'auraient jamais entendu des insultes, des propos ridiculisants ou des humiliations verbales échangés entre leurs parents. Chouette nouvelle, non? J'entends d'ici les sceptiques en appeler à la surdité des enfants et à sur-échantillonnage des populations élevées en milieu monoparental...

    • Gilles Landry - Inscrit 19 juin 2013 13 h 43

      Je ne vois pas ce qu'il y a de chouette là-dedans! C'est un simple constat de l'angoisse et de la détresse que vivent 25.4% des enfants qui finissent presqu'inmanquablement par répéter le même scénario plus tard avec les leurs.

      Moi j'en appelle à la surdité de ceux qui préparent et approuvent les programmes d'enseignement : Les cours de "communication parents-enfants" devraient être obligatoire dès les premières années du secondaire. L'écoute et la sensibilisation d'abord puis les solutions. Elles existent, et elles ont fait leurs preuves : "Parents efficaces" de Thomas Gordon en est un exemple colossal, puissant!

    • Gilles Roy - Inscrit 19 juin 2013 14 h 56

      Je ne me souviens pas d'avoir lu qu'un cours offert aux seuls enfants (et pas à leurs parents) aurait un effet boeuf sur les échanges parent-parent puis sur les échanges parents-enfants. Et je ne comprends pas non plus comment vous en êtes venu à causer détresse et angoisse à propos d'enfants qui n'auraient que rarement entendu leurs parents se lancer des vannes. Pas que j'en ai nécessairement contre l'inventivité, n'empêche que...

  • Gilles Landry - Inscrit 19 juin 2013 16 h 18

    Surdité

    Un enfant, c'est un futur parent! Au MELS, on éteind des feux au gré de la politique dominante. La mode la plus récente c'est d'investir davantage en math, en français et en histoire. Pour le reste la DPJ (complètement débordée) s'en occupera. On a aboli les cours de Formation Personnelle et Sociale. Les jeunes sont laissés à eux-même et ne venez surtout pas banaliser la violence des familles dont les parents sont submergés, endettés, stressés, blessés.

    Un futur ça se prépare. Une vie familiale harmonieuse ça s'apprend.
    Pas que j'en ai nécessairement contre l'ignorance, n'empêche que ...