Rapport sur la performance des établissements de santé - La qualité des soins gagnerait à être bonifiée

L’accès et la qualité des soins, la productivité des établissements et leur impact sur la qualité de la santé de la population ont été évalués, chacun de ces quatre secteurs étant analysé en fonction d’indicateurs et de cibles à atteindre.
Photo: - Archives Le Devoir L’accès et la qualité des soins, la productivité des établissements et leur impact sur la qualité de la santé de la population ont été évalués, chacun de ces quatre secteurs étant analysé en fonction d’indicateurs et de cibles à atteindre.

Vos établissements de santé sont accessibles, productifs, mais la qualité des soins qu’ils prodiguent gagnerait à être bonifiée pour qu’ils puissent contribuer à améliorer la santé de la population, ce pour quoi leur performance est faible.


Résumés à leur plus simple expression, voilà les constats tirés du deuxième « classement » des établissements de santé, un outil évaluant la performance des hôpitaux et établissements non hospitaliers du réseau de la santé. Pour une deuxième fois, l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux (AQESSS) a ausculté ses membres à partir d’une série d’indicateurs, l’objectif n’étant pas, comme l’a précisé lundi la directrice générale, Diane Lavallée, de livrer un bulletin comparatif, mais plutôt de permettre l’auto-examen et la comparaison.


Pas de comparaison


Afin de raffiner la méthodologie employée une première fois en 2011, de nouveaux indicateurs ont été utilisés, et d’anciens éliminés. Cela rend donc impossible la comparaison avec le premier rapport. De même, pour éviter la chasse aux sorcières, seul l’ordre alphabétique prévaut dans le classement présenté lundi ; hormis l’existence de trois catégories (excellente performance, 90 % et plus ; bonne, entre 75 % et 89 % ; et performance nécessitant amélioration, moins de 75 %), les notes des établissements ne sont pas connues.


Toutes les notes inférieures à 40 % « difficiles à expliquer » sans une mise en contexte locale, régionale et nationale ont été ramenées à 40 %, explique-t-on dans le rapport. Dans la première version, on vérifiait si la gestion et l’efficience des Centres de santé et de services sociaux (CSSS) étaient bonnes, ce qui avait permis de conclure qu’elles l’étaient six fois sur dix. Dans ce deuxième classement, ce critère a été remodelé. Cela constitue les limites de l’analyse.

 

Quête de perfection


L’accès et la qualité des soins, la productivité des établissements et leur impact sur la qualité de la santé de la population ont été évalués, chacun de ces quatre secteurs étant analysé en fonction d’indicateurs et de cibles à atteindre. Diane Lavallée a salué le « courage » des établissements qui acceptaient cet exercice de transparence, tout en notant qu’« un coup de barre » devait être donné en matière de qualité et de sécurité des soins.


En effet, une quête de perfection dans la sphère santé et sécurité (événements indésirables comme les plaies de pression, les chutes, les infections nosocomiales, etc.) - où les cibles à atteindre sont de l’ordre de zéro de ces incidents menant parfois à des décès - donne lieu à des scores beaucoup plus faibles, souvent sous la barre des 60 %.


« La psychiatrie est un secteur où il faudrait des améliorations », a dit Mme Lavallée, car l’accès aux services en santé mentale est déficient, au regard des autres secteurs (66 % d’atteinte de la cible en 2010-2011). Les récents engagements du gouvernement Marois en matière de soins palliatifs permettent à Mme Lavallée de croire « que ce secteur pourra s’améliorer », car il s’agit aussi d’un des maillons faibles de la chaîne santé.

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