Des médecins veulent contrer les frais accessoires abusifs

Des médecins veulent agir contre la prolifération de frais accessoires jugés abusifs dans le système de santé québécois.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Des médecins veulent agir contre la prolifération de frais accessoires jugés abusifs dans le système de santé québécois.

Un groupe de médecins revient à la charge pour contrer la prolifération des frais accessoires dans le système de santé québécois.

Un nouvel outil d’information devrait permettre aux patients de s’y retrouver plus facilement pour savoir quels sont les services de santé assurés par la province et ceux pour lesquels les médecins peuvent légitimement imposer des frais à leurs patients.

Les Médecins québécois pour le régime public (MQRP) jugent que les patients, en général, connaissent mal leurs droits. MQRP a réalisé un tableau récapitulatif des frais illégaux. Cet outil sera disponible sur leur site Internet et diffusé sur les réseaux sociaux.

Pour Alain Vadeboncoeur, le président de MQRP, il est essentiel que les patients, mais aussi les médecins, soient bien informés des balises imposées par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ). Selon lui, des cliniques privées imposent parfois une facture à leurs patients sans savoir que cela contrevient à la loi.

La Fédération des médecins spécialistes du Québec a réagi rapidement à cette initiative. « MPRQ représente un très petit nombre de médecins et ses positions nous apparaissent pour le moins dogmatiques », a déclaré Gaétan Barette, par voie de communiqué.

La FSMQ ne souhaitait pas s’expliquer de vive voix sur ce dossier qui a déjà été abondamment commenté, selon elle.

Pour le docteur Barette, les frais accessoires existent en raison de l’indécision gouvernementale concernant la couverture adéquate des coûts opérationnels pour dispenser les services médicaux. « C’est parce que l’État refuse de couvrir les frais accessoires que ceux-ci existent. Non pas parce que les médecins le désirent », soutient le médecin spécialiste.

« Nous, on parle des patients et de l’accès aux soins, ça n’a rien de dogmatique », répond le Dr Vadeboncoeur.

Il déplore toutefois que ce soit les patients qui fassent les frais d’une mésentente entre les médecins et le gouvernement. Imposer une facture pour des services assurés par la RAMQ équivaut, selon lui, à permettre un système de santé à deux vitesses.

« On n’est pas si loin de ça des médecins spécialistes sur le fond. Nous aussi, ce qu’on dit, c’est que ça doit être réglé entre les fédérations et le gouvernement, mais pas entre les médecins et leurs patients », affirme le docteur Alain Vadeboncoeur.

Le MQRP interpelle à nouveau le ministre de la Santé, Réjean Hébert, pour que le dossier des frais accessoires soit réglé rapidement.

6 commentaires
  • Ginette Bertrand - Inscrite 10 juin 2013 06 h 26

    Quelle véritable utilité aura cet outil?

    Le tableau récapitulatif des frais illégaux et sa diffusion ne sont pas une mauvaise chose en soi. Reste à voir quelle en sera la véritable utilité. Si le client refuse de payer ces frais, la clnique lui dira simplement d'aller voir ailleurs. Que devra faire alors le brave client? Porter plainte? Intenter des poursuite? Contre qui et au prix de combien de démarches fastidieuses?...

    Quand ça fait des années qu'on attend pour un médecin de famille ou qu'on en a marre de faire la queue à six heures du matin devant le bureau de son propre MF pour pouvoir s'inscrire à la consultation à huit heures, et qu'on devra y retourner en début d'après-midi pour finalement voir le médecin (souvent avec un heure de plus en salle d'attente), les frais accessoires et illégaux dans une clinique privée qui est prête à nous accepter, c'est bien la dernière affaire qui nous préoccupe, je vous en passe un papier!

  • Yvon Bureau - Abonné 10 juin 2013 07 h 53

    Merci pour votre courage

    Gratitude et admiratrion aux médecins du MQRP.

    Ça gardera au loin le gain cupide dans le traitement des maladies.

    Merci à Alain Vadeboncoeur, loin du dogmatisme et proche du réel.

    • Danielle Vincent-Chassay - Abonnée 13 juin 2013 12 h 01

      Que penser et comment refuser de payer 20.00$ pour une simple application d'azote liquide sur une verrue au doigt ? de plus, 2 semaines plus tard, comme la verrue est toujours là, même traitement, même coût, et même résultat négatif... la croix bleue refuse de me rembourser car l'azote liquide doit être achetée à la pharmacie.... comment acheter de l'azote liquide en pharmacie.... ?
      J'estime exagérée cette pratique et cet abus de pouvoir des cliniques médicales dites publiques.
      Merci au Dr Alain Vadeboncoeur de plaider notre cause, pauvres patients impuissants.

  • Jacques Beaudry - Inscrit 10 juin 2013 08 h 39

    Couillard l'initiateur

    N'est-ce pas mononcle Couillard qui a lancé le bal et ouvert la porte toute grande à des cliniques privés de plus en plus nombreuses. Beau dégât à réparer.

  • André Champagne - Abonné 10 juin 2013 11 h 47

    Le courage contre le gain ($)..

    Le MPRQ fait preuve d'une initiative courageuse et digne de mention. Rien ne doit justifier une double facturation (par les impôts et directement au médecin lors d'une consultation).
    Le docteur Barette s'est présenté aux dernières élections, mais a fait choux maigres (!). Les électeurs n'ont pas cru à ses solutions qui se limitent à plus d'argent pour les médecins et si par hasard les malades en profitent...
    Il serait plus que temps pour que le gouvernement intervienne et balise clairement tous les frais. Que penser de la visite d'un médecin à domicile qui facture 195$ en semaine et 245$ la fin de semaine?

  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 10 juin 2013 13 h 27

    Toujours plus

    J'ai moi-même été sollicité pour des frais dits "non-couverts" par un spécialiste qui gagne près d'un million par année. Selon lui, c'est dans l'ordre des choses : tout le monde le fait. J'ai refusé et depuis je n'ai plus de médecin spécialiste.