Des médecins veulent contrer les frais accessoires dans le système de santé

Un groupe de médecins revient à la charge pour contrer la prolifération des frais accessoires dans le système de santé québécois.
 
Un nouvel outil d'information devrait permettre aux patients de s'y retrouver plus facilement pour connaître quels sont les services de santé assurés par la province et ceux pour lesquels les médecins peuvent légitimement imposer des frais à leurs patients.
 
Les Médecins québécois pour le régime public (MQRP) jugent que les patients, en général, connaissent mal leurs droits. MQRP a réalisé un tableau récapitulatif des frais illégaux. Cet outil sera disponible sur leur site Internet et diffusé sur les réseaux sociaux.
 
Pour Alain Vadeboncoeur, le président de MQRP, il est essentiel que les patients, mais aussi les médecins, soient bien informés des balises imposées par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ). Selon lui, des cliniques privées imposent parfois une facture à leurs patients sans savoir que cela contrevient à la loi.
 
Réaction
 
La Fédération des médecins spécialistes du Québec a réagi rapidement à cette initiative.
 
«MPRQ représente un très petit nombre de médecins et ses positions nous apparaissent pour le moins dogmatiques», a déclaré Gaétan Barette, par voie de communiqué. La FSMQ ne souhaitait pas s'expliquer de vive voix sur ce dossier qui a déjà été abondamment commenté, selon elle.
 
Pour le docteur Barette, les frais accessoires existent en raison de l'indécision gouvernementale concernant la couverture adéquate des coûts opérationnels pour dispenser les services médicaux.
 
«C'est parce que l'État refuse de couvrir les frais accessoires que ceux-ci existent. Non pas parce que les médecins le désirent», soutient le médecin spécialiste.
 
«Nous, on parle des patients et de l'accès au soin, ça n'a rien de dogmatique», répond le docteur Vadeboncoeur.
 
Il déplore toutefois que ce soit les patients qui fassent les frais d'une mésentente entre les médecins et le gouvernement. Imposer une facture pour des services assurés par la RAMQ équivaut, selon lui, à permettre un système de santé à deux vitesses.
 
«On n'est pas si loin de ça des médecins spécialistes sur le fond. Nous aussi, ce qu'on dit, c'est que ça doit être régler entre les fédérations et le gouvernement, mais pas entre les médecins et leurs patients», affirme Alain Vadeboncoeur.
 
LE MQRP interpelle à nouveau le ministre de la Santé, Réjean Hébert, pour que le dossier des frais accessoires soit réglé rapidement.
 
Nicolas Lévesque, La Presse canadienne
5 commentaires
  • Pierre Germain - Inscrit 9 juin 2013 17 h 50

    Cupidité sans limite de Barrette et ses acolytes --- Complaisance de la RAMQ et du ministre de la santé

    Non contents d'une hausse d'honoraires de 30%, Gaétan Barrette et ses fans en veulent toujours plus et plus. Pendant ce temps, certains médecins pratiquent impunément l'extorsion (e.g. gouttes achetées 2 $ et revendues 200 $), avec la bénédiction tacite de la RAMQ et du ministre de la santé. Il est temps d'avoir aussi une commission d’enquête sur les associations médicales... ainsi que de savoir si ces médecins déclarent à l'impôt tous ces frais pseudo-afférents qu'ils font payer comptant à leurs clients.

  • Pierre Germain - Inscrit 9 juin 2013 17 h 53

    Les frais afférents sont aux médecins ce que les "extras" sont au monde de la construction.

  • Pierre Germain - Inscrit 9 juin 2013 18 h 04

    La rémunération des médecins a augmenté de 30%, ce qui fait qu'ils peuvent travailler 15% moins tout en empochant 15% plus. La conséquence est (i) des coûts plus élevés (ii) pour moins de services (iii) tout en engorgeant le système encore plus.

    Au Québec, il y a 2,2 médecins par 1000 habitants alors que dans tous les pays industrialisés, ce ratio est entre 3 et 4. Plutôt que d'augmenter indûment les médecins, il faut ramener leur rémunération à un niveau plus raisonnable et en former plus avec les sommes ainsi dégagés. Il est temps de mettre fin à leur monopole éhonté et de stopper leur corporatisme inapproprié visant, entre autres, à entretenir une situation de pénurie artificielle afin de maintenir la pression sur la population pour toujours gagner plus, sans résultats.

  • Réal Ouellet - Inscrit 9 juin 2013 18 h 41

    Public privé

    L'action de ces médecins constitue la meilleure protection que l'on puisse avoir pour sauvegarder le système public de santé.

    Merci infiniment, tous autant que vous ètes, pour cette prise de position.

    Le grand discours du Dr Barrette (il ne sait pas en faire de plus court) constitue rien de moins qu'une recherche de positionnement pour tirer des avantages du problème. Money talks!

  • Patrick Lavoie - Abonné 9 juin 2013 19 h 43

    Et le Collège des médecins lui?

    Je travaille dans le domaine de la santé et suis régis par un Ordre professionnel qui a pour but de protéger le public et encadrer ma pratique et celle de mes confrères. Mon ordre, avec raison, se charge de ramener à l'ordre les professionnels qui ont des pratiques non conformes et illégales. Pourquoi le Collège des médecins n'est pas au front avec ces médecins du MQRP ? Pourquoi d'ailleurs un tel regroupement doit s'ériger quand le Collège des médecins est en charge de tels dossiers? Au Québec, il y a deux poids deux mesures avec les médecins. Quelle désolation...
    Et que dire des médecins spécialistes et omnipraticiens qui s'inventent sans cesse des frais acessoires et qui dictent la loi au gouvernement? Ils profitent du fait que leurs patients soient captifs( ne pouvant aller se faire traiter par un autre médecin faute de mieux), pour leur faire payer la note sans broncher. Merci à ce regroupement de médecins de bonne volonté. Et honte au Collège des médecins qui devrait distribuer des notes salées au dissidents.
    Ah j'oubliais , avec un salaire de médecin spécialiste, on peut se payer plusieurs amandes de non conformité, on est un peu invincible et ce stratagème est suffisament lucratif pour ce le permetrte...pour ce qui est de la volonté politique, on n'a même plus besoin d'en parler, le Québec craque pour Couillard, c'est dire...