Tabagisme: le DSP veut un durcissement de la loi

« Pendant que l’industrie a trouvé comment contourner notre loi devenue désuète, les taux de tabagisme ont cessé de baisser », déplore la Dre Mylène Drouin, responsable de la priorité-tabac au Directeur de santé publique de Montréal (DSP).
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir « Pendant que l’industrie a trouvé comment contourner notre loi devenue désuète, les taux de tabagisme ont cessé de baisser », déplore la Dre Mylène Drouin, responsable de la priorité-tabac au Directeur de santé publique de Montréal (DSP).

À l’approche de la Journée mondiale sans tabac, vendredi, de nombreux acteurs demandent à Québec de durcir la Loi sur le tabac. Le ministre de la Santé Réjean Hébert promet des actions, et les partis de l’opposition l’appuient.


« Huit années sans une révision d’une loi sur le tabac, c’est très long », écrit le directeur de santé publique de Montréal, Dr Richard Massé, dans un communiqué de presse publié mardi.


« Pendant que l’industrie a trouvé comment contourner notre loi devenue désuète, les taux de tabagisme ont cessé de baisser », déplore la Dre Mylène Drouin, responsable de la priorité-tabac au Directeur de santé publique de Montréal (DSP).


Selon le DSP, Québec devrait interdire les produits aromatisés, réglementer les emballages pour qu’ils deviennent neutres, instaurer un moratoire sur les nouveaux produits et interdire toute forme de publicité.


En conférence de presse à Québec, la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac a pressé le gouvernement à l’action. Selon la coalition, les cigarettes et cigarillos aromatisés ont renversé la tendance à la baisse du tabagisme chez les jeunes depuis 2006. En plus de l’interdiction de l’aromatisation et des emballages attrayants, la coalition demande l’interdiction de fumer en voiture en présence d’enfants. Ce sont 89 000 jeunes de 12 à 19 ans qui seraient exposés quotidiennement à la fumée secondaire en auto.


Le DSP de Montréal aussi croit ce règlement nécessaire. « Nous sommes la dernière province à ne pas avoir légiféré. La population est prête, nous n’aurons pas de levée de boucliers », croit la Dre Drouin.


Le cinquième des Québécois fume. En moyenne, les jeunes grillent leur première cigarette à 12 ans.


Des actions à l’automne?


Le ministre de la Santé Réjean Hébert promet d’agir sur deux fronts. D’abord, par le biais de la politique nationale de prévention, sur laquelle planchent les fonctionnaires du ministère. Ensuite, une commission parlementaire sera saisie de la mise à jour de la Loi sur le tabac. « Laissez-nous quelques mois supplémentaires pour consulter et nous arriverons avec une politique solide. Des réponses seront données à l’automne », a assuré le ministre.


Tant le Parti libéral que la Coalition avenir Québec ont garanti à Réjean Hébert leur appui. « Nous sommes prêts à collaborer pour améliorer la santé des Québécois. La loi doit être revue pour protéger nos jeunes », estime le député libéral Yves Bolduc.


La Dre Mylène Drouin espère des actions rapides. « Il ne faudrait pas que ça dépasse l’automne. Il nous faut une loi robuste qui supporte nos actions, sinon on travaille dans le vide, dit-elle. Ce qu’on veut surtout, c’est que nos jeunes ne commencent jamais à fumer. »