Assurance autonomie: Québec reçoit des appuis

L’Association québécoise de gérontologie est venue appuyer le ministre Réjean Hébert dans son projet d'assurance autonomie.<br />
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir L’Association québécoise de gérontologie est venue appuyer le ministre Réjean Hébert dans son projet d'assurance autonomie.

Le projet d’assurance autonomie du ministre Réjean Hébert n’est pas encore dévoilé, mais il continue de susciter des réactions. Lundi, l’Association québécoise de gérontologie est venue appuyer le ministre, tout comme les entreprises d’économie sociale en aide à domicile.


«Le statu quo n’est pas viable, il faut absolument trouver une solution. Ne jetons pas le bébé ave l’eau du bain», dit la présidente de l’Association québécoise de gérontologie (AQG), Catherine Geoffroy. Le ministre Réjean Hébert, qui a mené une longue carrière de chercheur dans le domaine, est d’ailleurs membre de cette association depuis de nombreuses années. Selon Mme Geoffroy, Réjean Hébert est la personne tout indiquée pour opérer le virage vers les soins à domicile.


«Il faut que tout le monde mette l’épaule à la roue», ajoute-t-elle. Mais comment financer une telle révolution, même si à terme Québec estime dégager d’importantes économies grâce à la fermeture de lits d’hôpitaux et de CHSLD ? Selon Mme Geoffroy, la levée d’une cotisation est «inévitable», à l’image des cotisations au Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) ou à l’assurance emploi.


L’AQG croit aussi que la formation des intervenants appelés à travailler avec des personnes âgées et en perte d’autonomie devra être rehaussée.


C’est lors d’un événement de l’AQG que le ministre Hébert a exposé les grandes lignes de sa future assurance autonomie, dont le libre blanc est attendu en mai. Le Devoir en révélait la teneur la semaine dernière.


Les entreprises d’économie sociale en aide domestique, qui seront probablement appelées à jouer un rôle important dans le plan du ministre Hébert, sont également venues officialiser leur appui, lundi, par voie de communiqué. «[Nous] sommes prêtes à entamer ce tournant majeur dans le redéploiement de l’offre de service d’ici 2014», indiquent ces 101 entreprises coopératives et à but non lucratif qui offrent des services comme de l’entretien ménager, de la préparation de repas ou de l’aide au bain.


Des CHSLD plus chers?


Le Soleil indiquait lundi que l’Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux (AQESSS) croit que pour rendre le maintien à domicile attirant, Québec aurait intérêt à hausser le prix de l’hébergement en CHSLD. Selon l’AQESSS, à partir d’un certain niveau de perte d’autonomie, il devient moins onéreux de choisir l’hébergement.


Cette proposition a immédiatement soulevé l’ire de l’Association québécoise des retraité(e) s des secteurs public et parapublic (AQRP). Avant une hausse des tarifs, les CHSLD devraient miser sur des gains d’efficacité, selon l’AQRP.


En mai dernier, le vérificateur général du Québec Michel Samson avait soulevé, dans un rapport, la possibilité d’augmenter la contribution des usagers en CHSLD. En rehaussant à 2147 dollars par mois la contribution maximale, il estimait que le ministère de la Santé pourrait récupérer 111 millions par an.


L’attachée de presse du ministre de la Santé Réjean Hébert indique qu’un comité se penche actuellement sur la question. «Ces travaux ne sont pas encore terminés, le ministre attend le résultat pour prendre une décision», dit Ariane Lareau.

5 commentaires
  • Marc Blanchard - Inscrit 29 avril 2013 21 h 58

    Est-ce qu'on entend Françoise David dire que le PQ est néo-libéral sur la création de l'assurance-autonomie?

    Non.

  • Yves Gingras - Inscrit 30 avril 2013 06 h 51

    Françoise David

    Ce qui prouve qu'elle fait sa job de façon responsable. Elle critique lorsque c'est le temps de le faire et elle ne critique pas lorsque le gouvernement fait quelque chose de bien. Ce qui n'est pas le cas du PQ (ex. Agnès Maltais qui critique les coupes fédérales à l'assurance-emploi mais qui fait pire dans sa propre cour avec l'aide sociale )

    • Claude Smith - Abonné 30 avril 2013 08 h 16

      Une chose est de ne pas critiquer quand le gouvernement fait quelque chose de bien. L'autre chose est de faire connaître son appui au projet.


      Claude Smith

    • Marc Blanchard - Inscrit 30 avril 2013 09 h 55

      F. David ne fait pas sa job; ou alors elle est de mauvaise foi.

      Elle qualifie de "néo-libérales" cinq mesures du PQ, qu'elle repasse en boucle, comme une rengaine.

      Mais, elle ne dit absolument rien sur les 95 décisions socio-démocrates que le PQ prend.

  • Jean-Yves Arès - Abonné 30 avril 2013 09 h 42

    "hausse des tarifs des CHSLD"

    Le cout pour chambre privée en CHLD est d’environ 1750$ par mois présentement. C’est le montant maximum malgré que le coût réel soit d’un tout autre ordre, quelque chose comme 6 ou 7,000$ par mois. Cette facture de 1750$ est appliquée si le résident peut le payer, sinon c’est la combinaison pension du Canada et Sécurité Revenu Garanti du fédéral qui comble la facture. Et il n’y a aucune différence de traitement que la facture soit payée au complet ou pas, de toute façon tout le monde a une subvention d’au moins plusieurs milliers de dollars mensuellement.

    Pour mon expérience personnelle, alors que j’étais responsable de ma mère, j’ai vu passer ses coûts de pension diminués substantiellement quand elle a été prise en charge par un CHLD du réseau public. Elle avait pourtant tout à fait les moyens de payer une plus grande part du coût réel du service. Le résultat c’est que ces relativement bas tarifs protègent les héritages pour le plus grand bonheur des héritiers alors que les revenus d’une grande part de la clientèle servie est nettement a la hausse. Est-ce le rôle de l’état que de protéger les héritages?

    Deux problèmes poussent au maintient de cette base facture. Le premier, et le plus concret, c’est le comportement même des proches, souvent hérités, qui n’ont pas nécessairement la plus haute préoccupation pour le bien-être de leurs aînés et ont l’œil intéressé sur l’héritage. Une facture plus haute va détériorer une relation souvent déjà anémique.

    Le second problème c’est que le réseau lui-même n’aime pas tellement qu’on parle du coût du service. A l’instar des universités ou des CPE moins le client paye moins il est sujet a être critique sur les coûts du service, ce qui facilite la vie du personnel et des syndicats qui négocient en vase clos la dite facture.

    D’ailleurs l’AQPR parle bien de "devraient miser sur des gains d’efficacité".