Assurance autonomie - Les aînés craignent les pièges de la désinstitutionnalisation

La future assurance autonomie du ministre Réjean Hébert inquiète les associations d’aînés.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La future assurance autonomie du ministre Réjean Hébert inquiète les associations d’aînés.

Les associations d’aînés mettent le ministre de la Santé Réjean Hébert en garde : si Québec n’y met pas les ressources nécessaires, l’assurance autonomie pourrait reproduire les impacts négatifs de la désinstitutionnalisation en santé mentale des années 1960.

« Pour le moment, c’est plus une assurance incertitude qu’une assurance autonomie », de commenter Mathieu Santerre, le directeur général par intérim de l’Association québécoise des retraité(e)s des secteurs publics et parapublics (AQRP). Il va plus loin : « Pour nous, ça agite le spectre de la désinstitutionnalisation en santé mentale : sous promesse de donner les services dans la communauté, on avait sorti les gens des établissements. L’image est forte, mais on estime que le risque qu’on ferme des lits de CHSLD et que les gens se retrouvent sans service est réel. »

 

Tarification


Du côté de l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR), Jacques Fournier s’inquiète de la tarification en fonction du revenu. « Même quand les montants sont petits, ce sont les plus pauvres qui se privent des services », rappelle le porte-parole pour les dossiers de santé. Il s’inquiète aussi de la « substitution des emplois décemment rémunérés du secteur public par des emplois sous-payés dans le secteur de l’économie sociale », ce qui nuirait particulièrement aux femmes.


« On n’est pas contre la vertu », a déclaré la députée libérale Marguerite Blais à la période de questions mercredi, « mais pour financer ces services, ça prend de l’argent, et l’argent ne pousse pas dans les arbres ! » La porte-parole de l’opposition officielle pour les aînés avance que le gouvernement devra fermer « 7000 lits en CHSLD » pour atteindre son objectif à moyen terme d’économiser 350 millions en hébergement.


Mme Blais se demande comment, dans le contexte budgétaire actuel, l’assurance autonomie sera financée. « Est-ce que le crédit d’impôt pour maintien à domicile des personnes de 70 ans et plus sera coupé ? Les crédits d’impôt pour les proches aidants seront-ils abolis ? La politique Vieillir et vivre ensemble est-elle menacée ? Combien de lits dans les CHSLD, des lits de courte durée, seront fermés ? Quels programmes le ministre va-t-il couper pour financer l’assurance autonomie qu’il veut publique-privée ? », demande Mme Blais.


Le ministre de la Santé, Réjean Hébert, a promis que, « le moment venu », le gouvernementconsulterait la population. Des consultations sont prévues après le dépôt du livre blanc, en mai, ainsi qu’après le dépôt du projet de loi, à l’automne.

2 commentaires
  • Marc Blanchard - Inscrit 25 avril 2013 09 h 56

    L'assurance-autonomie est une excellente initiative. Pourquoi chialer?

  • Denis Paré - Inscrit 25 avril 2013 10 h 30

    Encore la DÉSINS......

    Pour avoir travailler en maladie mentale .....les organismes et soutiens n'ont -pas eu d'aident ....car les argents ont PAS SUIVIT LES BÉNÉFICIAIRES à l'extérieur des centres hospitaliers...!!!!