Les infirmières réclament plus d’indépendance

Les infirmières souhaitent entre autres obtenir plus ou moins les mêmes pouvoirs que ceux accordés récemment aux pharmaciens.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Les infirmières souhaitent entre autres obtenir plus ou moins les mêmes pouvoirs que ceux accordés récemment aux pharmaciens.
Elles viennent d’obtenir une plus grande autonomie grâce aux ordonnances collectives nationales. Mais les infirmières veulent s’affranchir encore davantage des médecins et réclament le droit de prescrire certains tests et médicaments de manière totalement autonome.
 
Ni le ministre de la Santé, Réjean Hébert, ni la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) ne semblent enthousiastes devant leur proposition.
 
En conférence de presse jeudi matin, l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) a demandé à Québec le pouvoir de « prescrire de façon autonome ». Des publicités présentant l’infirmière comme « la » solution aux problèmes d’accessibilité au système de santé seront également diffusées pour sensibiliser le public.
 
Pour la présidente de l’Ordre, Lucie Tremblay, « c’est une solution applicable à coût nul et à court terme ». Le principal syndicat infirmier, la FIQ, s’est empressé de soutenir cette proposition.
 
Les infirmières souhaitent, entre autres choses, obtenir plus ou moins les mêmes pouvoirs que ceux accordés récemment aux pharmaciens, comme la possibilité de prescrire l’acide folique à une femme enceinte. Elles souhaitent également commander des analyses de laboratoire pour identifier une infection urinaire ou encore prescrire de la contraception, notamment en contexte scolaire. Aussi, elles croient que les urgences fonctionneraient beaucoup mieux si, dès le triage, l’infirmière pouvait commander certains tests, comme une radiographie. Le soin autonome des plaies est également dans leur mire. « Notre seul intérêt est celui du patient », dit Mme Tremblay.
 
Un accueil tiède

Alors qu’il vient juste d’accorder une plus grande latitude aux infirmières par l’entremise des quatre nouvelles ordonnances collectives nationales, le ministre de la Santé, Réjean Hébert, croit que cet outil, qui entre officiellement en vigueur le 15 avril prochain, suffit. « On va évaluer l’avis des infirmières, mais je pense qu’il faut commencer par évaluer l’impact des nouvelles ordonnances collectives avant de se doter d’autres mesures », dit-il.
 
Les médecins de famille abondent dans le sens du ministre. Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, le Dr Louis Godin, affirme que « nous avons un outil dans la loi qui s’appelle les ordonnances collectives et qui peut permettre de poser les gestes qu’elles réclament ». « On veut qu’elles travaillent avec nous, pas à côté de nous ! », ajoute le Dr Godin, plaidant pour une plus grande collaboration interprofessionnelle.

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