Médicaments: des pouvoirs accrus pour les infirmières

Le président du Collège des médecins, Charles Bernard, la présidente de l’Ordre des infirmières du Québec, Lucie Tremblay, le ministre de la Santé, Réjean Hébert, et la présidente de l’Ordre des pharmaciens du Québec, Diane Lamarre.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le président du Collège des médecins, Charles Bernard, la présidente de l’Ordre des infirmières du Québec, Lucie Tremblay, le ministre de la Santé, Réjean Hébert, et la présidente de l’Ordre des pharmaciens du Québec, Diane Lamarre.

Après les pharmaciens, les infirmières : Québec a annoncé lundi des mesures qui accorderont à ces dernières une très grande autonomie pour le suivi et le traitement des patients atteint de quatre maladies soit le diabète, l’hypertension, le cholestérol élevé et les troubles de la coagulation sanguine. D’autres conditions suivront.

C’est par l’entremise d’ordonnances collectives nationales que cette petite révolution s’opérera. Elles permettront aux infirmières, après le diagnostic posé par le médecin, d’assurer le suivi des patients et de réagir aux résultats de laboratoire en adaptant les médications. L’accès devrait s’en trouver facilité, alors que les médecins pourront voir davantage de patients.


Des centaines de milliers de personnes pourront en bénéficier, et des centaines de médicaments sont concernés, dont cinq des dix molécules les plus prescrites. « Après le diagnostic, le patient pourra être suivi par une infirmière, régulièrement, sans revoir le médecin », a expliqué le ministre de la Santé Réjean Hébert, qualifiant l’annonce « d’historique ».

 

Changement de culture


Aux côtés du ministre, la présidente de l’Ordre des infirmières du Québec Lucie Tremblay était tout sourire, lors de la conférence de presse conjointe, lundi à Montréal, des ordres professionnels des médecins, des infirmières et des pharmaciens, du ministre de la Santé, Réjean Hébert, et de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS). « C’est un changement de culture, un outil qui permet d’agir avec une plus grande autonomie et d’assurer un meilleur suivi des maladies chroniques », s’est exclamée Mme Tremblay.


Les médecins sont heureux de déléguer, assure le président du Collège des médecins Charles Bernard. « L’infirmière va pouvoir ajuster les traitements et faire le lien avec le pharmacien sans que le médecin ait à s’impliquer à chaque fois. Ce sera très déterminant pour les soins à domicile !, a-t-il expliqué. Ce ne sont pas des concessions des médecins, c’est un partage des tâches avec des professionnels dont on reconnaît les compétences. » Dès le 15 avril, tous les médecins seront contactés et invités à participer au déploiement du projet. Les médecins travaillant déjà avec des ordonnances collectives pour ces conditions seront invités à les remplacer par les ordonnances nationales.

 

Travail simplifié


Les ordonnances nationales simplifieront considérablement le travail des pharmaciens. En effet, selon la présidente de l’Ordre des pharmaciens du Québec Diane Lamarre, les pharmaciens pouvaient gérer des dizaines, voir des centaines d’ordonnances collectives différentes pour un même problème de santé, chaque clinique y allant de la sienne. Selon Mme Lamarre, les patients, soignés plus rapidement, y gagneront également beaucoup sur le plan de leur santé. Comme déployer une ordonnance collective demande temps et ressources, elles étaient sous-utilisées depuis leur apparition il y a une dizaine d’années.


De plus, ces ordonnances nationales permettront de standardiser les traitements en fonction des plus récents consensus scientifiques. Rédigées par les médecins et les scientifiques de l’INESSS, les ordonnances collectives feront l’objet d’une « veille scientifique très serrée », a assuré la scientifique en chef de l’INESSS Véronique Déry.


D’autres suivront. « Maintenant que nous avons fait la route, ce sera plus facile », explique Réjean Hébert. Les maladies pulmonaires obstructives chroniques ou des infections transmissibles sexuellement pourraient être les prochaines sur la liste.

4 commentaires
  • Yves Perron - Inscrit 26 mars 2013 07 h 30

    Bonne nouvelle pour les Pharmas

    Les pharmaceutiques seront heureuses d'apprendre que leurs statines et toutes leurs cochonneries seront renouvelées plus vite.
    On en profitera pour vacciner plus de monde . Bon coup.

    • Claude Smith - Abonné 26 mars 2013 08 h 52

      Je ne pense pas que cette mesure a été mise en place pour parer à la surconsommation de médicaments, mais en même temps, elle ne contribuera pas à l'augmentation de cette surconsommation puisqu'à l'origine, c'est toujours le médecin qui prescrit.

      Je trouve cette mesure intéressante dans le sens qu'elle permet entre autres, aux médecins de voir plus de patients.



      Claude Smith

    • Alain Carmel - Inscrit 26 mars 2013 16 h 54

      Vacciner contre le cholestérol ou le diabète? Ben voyon...Il ne faut pas voir des complots partout.

      Et que les ordonnances se renouvelle plus rapidement...Il faut que ça se renouvelle de toute façon...que ce sois + rapidement ou - rapidement, si ça peut faire en sorte de simplifier la vie de gens qui ont un probleme d'hypertension comme moi...alors tant mieux!

      Alors bravo au gouvernement, pharmaciens, médecins et infirmières!


      PS Pour ceux et celles qui s'imagine que je suis trop partisant de QS: vous noterez que je dit bravo au gouvernement du PQ...Je ne suis pas aveugler à ce point par mes sympathie!

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 26 mars 2013 08 h 48

    Les ordonnances collectives sont du red-tape

    L'expérience concrète accumulée depuis des années révèle que la délégation d'actes est plus simple, moins coûteuse et beaucoup plus efficace que les ordonnances collectives.

    Journalistes : comparez le nombre de patients traîtés par les pharmaciens en vertu de la délégation de la precription de la pilule du lendemain (le seul exemple de délégation du médecin au pharmacien) avec le nombre total de tous les patients traités par les pharmaciens en vertu de la multitude d'ordonnances collectives de médecin. Le gouffre entre les deux est éloquent.

    Je ne comprends pas pourquoi on s'acharne à faire la promotion d'une solution aussi inefficace.