Les négos sont rompues entre Québec et les médecins

Le ministre de la Santé, Réjean Hébert : « Il va falloir absorber le déficit que nous ont laissé les libéraux sans compter sur la contribution des fédérations médicales. »
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Le ministre de la Santé, Réjean Hébert : « Il va falloir absorber le déficit que nous ont laissé les libéraux sans compter sur la contribution des fédérations médicales. »

À l’entrée du caucus du Parti québécois, le ministre de la Santé, Réjean Hébert, a annoncé que les négociations étaient rompues avec les médecins. « Ça signifie qu’il va falloir absorber le déficit que nous ont laissé les libéraux sans compter sur la contribution des fédérations médicales » et « vivre avec » l’entente signée en 2011.


Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) affirme qu’il était prêt à reporter certains paiements, mais que Québec s’est montré indifférent et a signifié l’arrêt des discussions. « Il ne faudrait pas faire porter l’odieux aux médecins de famille, s’indigne le Dr Louis Godin. On sait que la situation budgétaire est difficile et on a travaillé de bonne foi ! » Du côté de la Fédération des médecins spécialistes, le Dr Gaétan Barrette soutient qu’il était prêt à dégager 100 millions de dollars, sur les 200 que lui demandait le Conseil du trésor.


« On ne s’en allait nulle part avec ça, parce qu’on aurait hypothéqué l’avenir », a répondu le président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard, mercredi après-midi, et c’est pour cette raison qu’il a mis fin aux discussions.


Forts d’un rattrapage salarial par rapport à leurs collègues du reste du Canada, les médecins québécois doivent toucher 530 millions de plus en 2013-2014 et 540 millions l’année suivante. À l’automne, la première ministre Pauline Marois avait signifié qu’elle espérait pouvoir négocier des aménagements. Malgré le cul-de-sac dans les négociations avec les médecins, le ministre Hébert a assuré que l’atteinte du déficit zéro n’est pas compromise. En fait, Québec cherchait à se constituer un « coussin », dit Stéphane Bédard, en cas d’imprévu.


Castonguay très critique


Les augmentations que toucheront les médecins leur valent des attaques sur plusieurs fronts. Mercredi à Montréal, l’ancien ministre de la Santé Claude Castonguay lançait, devant un parterre rempli de gens d’affaires, un flot de critiques à l’endroit des médecins, ces « travailleurs autonomes sur qui la gestion des hôpitaux a peu d’emprise ». Il leur reproche une « baisse de productivité » alors que leur rémunération, elle, croît de 9 % par année. Il désavoue la rémunération à l’acte, qu’il a lui-même mise en place lors de l’instauration du régime public de santé, car cette mesure n’est plus adaptée. « C’est totalement dépassé. C’est une des raisons pour lesquelles les coûts de santé augmentent », estime-t-il.

À voir en vidéo