Remboursement de médicaments - Un plafonnement bien accueilli

Sur huit molécules appartenant à la famille des IPP, à partir d’octobre, le régime public d’assurance médicaments n’en remboursera que quatre, dans leur version générique. 
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Sur huit molécules appartenant à la famille des IPP, à partir d’octobre, le régime public d’assurance médicaments n’en remboursera que quatre, dans leur version générique. 

La présidente de l’Association des gastro-entérologues du Québec, la Dre Josée Parent, comprend Québec de vouloir contenir les coûts des IPP, qui grugent 7 % du budget de l’assurance médicament publique. Mais elle émet quelques réserves. « Ça va être très dérangeant pour certains patients. Ceux-là devront débourser la différence de leur poche. D’autres pourraient arrêter leur traitement », craint-elle. « Mais aucune étude ne prouve qu’un de ces médicaments est supérieur à l’autre », rappelle-t-elle. La Dre Parent aurait aimé que Québec pense tout de même à un mécanisme d’exception pour certains patients.


«Bar ouvert»


Sur huit molécules appartenant à la famille des IPP, à partir d’octobre, le régime public d’assurance médicaments n’en remboursera que quatre, dans leur version générique. Ces derniers respectent le plafond de 55 ¢ par comprimé (soit les génériques du Pariet, du Prevacid, du Pantoloc et du Losec). Le Nexium, par contre, coûte 1,04 $ par comprimé en version générique : il est exclu. Cela doit amener des économies de 35 millions par an.


Le président de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires, Jean Thiffault, se dit «100 % d’accord» avec la mesure, car c’était «bar ouvert» au Québec, contrairement aux autres provinces. Devant l’ampleur de la tâche qui attend ses membres - 200 000 Québécois seraient touchés -, il demande à Québec de permettre aux pharmaciens de procéder à la substitution de façon autonome. La Dre Parent, de son côté, préférerait que les médecins approuvent le médicament choisi.


Des économies au rendez-vous


Quant à elles, les compagnies pharmaceutiques décrient la décision du ministre de la Santé, Réjean Hébert, affirmant que c’est au médecin de décider du meilleur traitement pour chaque patient.


Le Conseil pour la protection des malades s’interroge aussi et brandit une étude menée en Colombie-Britannique. En 2003, cette province décidait de ne rembourser qu’un seul IPP, le Pariet. Selon une étude de la Canadian Society of Intestinal Research et de l’Institut Fraser signée par Brett J. Skinner et Gail Attara en 2009, cela a entraîné des coûts supplémentaires importants en visites chez les médecins et en soins hospitaliers. L’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux du Québec, dans son avis au ministre publié vendredi dernier, juge qu’en laissant le choix entre quatre médicaments, cet effet collatéral sera grandement atténué.


« Le Nexium est un cas typique », selon le chercheur Marc-André Gagnon, qui croit que les économies seront au rendez-vous pour Québec et que l’initiative pourrait ouvrir la voie à d’autres resserrements.

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