L’ICIS met à jour ses données sur la performance des hôpitaux

Photo: - Le Devoir

L’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) mettait à jour, mercredi, son rapport sur la performance des hôpitaux du pays. Mais même s’il intègre les données des établissements de santé québécois depuis l’an dernier, cet outil de gestion semble boudé par les centres hospitaliers du Québec.

Ce rapport vise principalement à donner aux gestionnaires du milieu de santé les outils nécessaires pour parfaire leurs rendements. « Si un hôpital performe mieux dans un domaine, les autres le voient grâce au rapport, précise la porte-parole de l’Institut, Nathalie Robertson. Ils peuvent ensuite communiquer entre eux afin d’améliorer leur performance respective. »


Pour le Québec, cela représenterait une chance de se comparer avec les moyennes pancanadiennes. Dans cette optique, le ministère de la Santé québécois (MSSS) collabore depuis deux ans avec l’ICIS dans le but d’intégrer les données des quelque 88 hôpitaux de la province à celles déjà comptabilisées par l’organisme partout au Canada. Pour y arriver, l’ICIS disposait cette année d’un budget de 188 millions, fourni en grande partie par Santé Canada. Sur cette somme, le gouvernement québécois a investi entre 3 et 4 millions. « Nous souhaitons offrir à notre système de santé le plus d’outils comparatifs pour l’améliorer », indique Noémie Vanheuverzwijn, la responsable des relations de presse au MSSS.


Pourtant, bien que rendu public pour la première fois il y a un an, le rapport semble encore méconnu de l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux (AQESSS). « Notre système de santé fonctionne beaucoup par intégration, explique Jean-Louis Lapointe, responsable des relations de presse de l’AQESSS. C’est-à-dire qu’un même établissement offre des soins de courte durée, de longue durée et un service de soins à domicile. C’est beaucoup moins le cas dans le reste du Canada. » Il ajoute que pour cette raison, l’outil proposé par l’ICIS atteint rapidement ses limites. « L’AQESSS produit son propre rapport de performance - qui devrait paraître en avril prochain - et c’est à partir de ces données que nous travaillons. »


Le ministère admet qu’il ne peut pas obliger l’utilisation du rapport de l’ICIS. Le mieux qu’il peut faire est de « le transmettre aux établissements de santé », conclut Noémie Vanheuverzwijn. « Après, s’ils préfèrent utiliser le leur, c’est hors de notre contrôle. »

 

Mise à jour stable


De façon globale, les résultats mis à jour mercredi sont demeurés stables par rapport à l’année dernière, autant en matière clinique que financier. Le travail de l’ICIS porte, entre autres, sur le taux de réadmission à la suite de chirurgies et le taux de mortalité suivant une intervention médicale.


L’outil, qu’on peut consulter à ledevoir.com, demeure toutefois peu utile pour le non-initié. Une version plus simple - davantage accessible au grand public - est actuellement en chantier et devrait voir le jour au courant de la prochaine année.

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