Le manque de sommeil agit sur l’expression de nos gènes

On sait qu’un sommeil insuffisant et le travail en horaires décalés sont associés à divers problèmes de santé, tels que les maladies cardiovasculaires, mais les mécanismes impliqués sont en grande partie méconnus. Or une nouvelle étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) montre que le manque de sommeil modifie l’activité de plus de 700 gènes.

Les chercheurs ont fait cette observation en analysant le transcriptome, soit l’ensemble des ARN issus de la transcription du génome et obtenus d’échantillons sanguins, de 26 individus qu’on a laissés dormir 8,5 heures par nuit pendant une semaine dans un premier temps, et qui ont été contraints à ne dormir que 5,70 heures par nuit pendant une semaine dans un second temps. Comme les ARN permettent d’identifier les gènes actifs ainsi que leur niveau d’expression, les chercheurs ont pu remarquer qu’une pénurie de sommeil accroissait ou diminuait l’activité de 711 gènes. Elle réduisait aussi l’amplitude des variations circadiennes (d’une durée de 24 heures) de quelques centaines de gènes et elle augmentait le nombre de gènes (ceux-ci passant de 122 à 856) qui réagissaient à une privation de sommeil de 40 heures d’affilée.


Les gènes qui avaient été affectés par le manque de sommeil étaient associés aux rythmes circadiens, à l’homéostasie (tendance à retrouver une durée de sommeil suffisante) du sommeil, au stress oxydatif (processus chimique qui endommage les cellules) et au métabolisme. Ils intervenaient dans des processus biologiques, tels que les réponses inflammatoires, immunitaires et au stress, autant de processus qui jouent vraisemblablement un rôle dans les problèmes de santé engendrés par un sommeil insuffisant.