Une nouvelle étude confirme les bienfaits de la diète méditerranéenne

Selon le Dr Juneau, les effets protecteurs de l’alimentation méditerranéenne proviennent des fruits et légumes qui sont consommés en abondance, des noix, de l’huile d’olive et du verre de vin bu pendant le repas. Privilégiant le poisson, le régime méditerranéen limite par contre la viande rouge, et surtout les charcuteries et le sucre, souligne le cardiologue.
Photo: Jacques Grenier Archives Le Devoir Selon le Dr Juneau, les effets protecteurs de l’alimentation méditerranéenne proviennent des fruits et légumes qui sont consommés en abondance, des noix, de l’huile d’olive et du verre de vin bu pendant le repas. Privilégiant le poisson, le régime méditerranéen limite par contre la viande rouge, et surtout les charcuteries et le sucre, souligne le cardiologue.

Dans le cadre d’une vaste étude clinique, l’adoption d’un régime méditerranéen riche en huile d’olive, noix, fruits, légumes, poissons, et incluant une consommation modérée de vin en mangeant a réduit de 30 % l’incidence d’infarctus, d’accident vasculaire cérébral (AVC) et de décès chez des individus particulièrement à risque de souffrir de ces maladies cardiovasculaires.

Les 7447 personnes qui ont participé à cette étude étaient des Espagnols (57 % de femmes) âgés entre 55 et 80 ans. Au début de l’étude en 2003, aucun participant ne souffrait de maladie cardiaque, mais tous y étaient prédisposés par le fait qu’ils étaient atteints de diabète de type 2, ou qu’ils présentaient au moins trois des facteurs de risque suivants : le tabagisme, l’hypertension, un taux élevé de LDL (low density lipoprotein ou mauvais cholestérol), un bas niveau de HDL (high density lipoprotein ou bon cholestérol), l’embonpoint, l’obésité ou une histoire familiale de maladie coronarienne.

Les participants furent séparés aléatoirement en trois groupes. Un premier groupe fut invité à adopter un régime méditerranéen, qui incluait au moins quatre cuillères à soupe par jour d’huile d’olive qu’on leur a fourni gratuitement.

Le second groupe fut aussi incité à suivre une diète méditerranéenne, qui comportait la consommation de 30 grammes de noix mélangées par jour (15 g de noix de Grenoble, 7,5 g de noisettes et 7,5 g d’amandes offerts gracieusement par les expérimentateurs.

Le troisième groupe fut simplement encouragé à réduire sa consommation de gras. Les participants des trois groupes qui n’étaient contraints à aucune restriction calorique furent suivis et conseillés dans leurs choix alimentaires pendant près de cinq ans. Les individus adoptant une alimentation méditerranéenne devaient consommer au moins trois portions de légumes et deux portions de fruits quotidiennement, au moins trois portions de poissons et de légumineuses (haricots, lentilles, pois chiches) par semaine, et un verre de vin par jour. Ils devaient opter pour des viandes blanches plutôt que rouges, et limiter leur consommation de charcuteries, de produits laitiers et de pâtisseries.


Cinq ans plus tard, il est apparu que l’incidence d’infarctus, d’AVC et de décès avait diminué de 30 % chez les individus des deux groupes soumis au régime méditerranéen comparativement à ce qui a été observé chez les personnes invitées à s’astreindre à une diète réduite en gras.


Selon le cardiologue Martin Juneau de l’Institut de cardiologie de Montréal qui prescrit le régime méditerranéen à ses patients depuis une dizaine, cette étude publiée dans la dernière édition du New England Journal of Medicine se distingue des précédentes par le fait qu’il s’agit d’une « étude randomisée portant sur un grand nombre de personnes » et non simplement « épidémiologique issue d’enquête sur les habitudes alimentaires ou basée sur l’observation que les habitants du bassin méditerranéen sont moins nombreux à souffrir de maladies cardiaques. « Il s’agit d’une très belle étude qui saura convaincre les sceptiques qui la préconisent encore et fera entrer le régime méditerranéen dans l’arsenal thérapeutique, car la diète faible en gras, ça fait longtemps qu’on sait que ça ne fonctionne pas », a-t-il affirmé en entrevue.

Selon le Dr Juneau, les effets protecteurs de l’alimentation méditerranéenne proviennent des fruits et légumes qui sont consommés en abondance (5 portions par jour), des noix (particulièrement les noix de Grenoble qui regorgent d’oméga 3 ; 15 à 20 noix ou amandes par jour), de l’huile d’olive et du verre de vin bu pendant le repas. Privilégiant le poisson (3 portions par semaine), le régime méditerranéen limite par contre la viande rouge (une portion par semaine au maximum), et surtout les charcuteries et le sucre, souligne le cardiologue. « Depuis au moins sept ans, on sait que la consommation de sucre est liée à l’athérosclérose, qu’elle est un facteur causal, pas seulement par la prise de poids, mais aussi par un effet athérogène direct qui s’exerce par le biais du métabolisme de l’insuline », explique le spécialiste


« La plupart des études ont montré que le vin, à raison d’un à deux verres par jour bus en mangeant, apporte une protection d’environ 20 % contre les maladies cardiaques, voire le cancer. Le seul bémol concerne les fumeurs pour lesquels il serait particulièrement dommageable de boire du vin ou de l’alcool », souligne le spécialiste avant de préciser qu’agissant en synergie, le tabac et le vin prédisposeraient aux cancers du système digestif.