Québec va serrer la vis aux GMF

Le ministre de la Santé, Réjean Hébert
Photo: La Presse canadienne (photo) Clément Allard Le ministre de la Santé, Réjean Hébert

« Ce qui m’étonne, me bouleverse, me scandalise, c’est que dans certains cas on donne de 400 000 $ à 500 000 $ à des GMF, avec des exigences, et que ces exigences ne sont pas remplies, et ce, sans aucune sanction », s’est indigné le ministre pendant l’étude des crédits de son ministère. « On s’aperçoit que 43 % des GMF n’ouvrent pas la fin de semaine, alors qu’on paie pour ça. Qu’est-ce qui reste aux patients ? L’urgence ! » De plus, 40 % des GMF suivent moins de patients que la cible pour laquelle ils ont une subvention.


En échange d’un financement accru, les GMF, censés améliorer l’accès à la première ligne et désengorger les urgences, doivent ouvrir au moins 12 heures les jours de semaine et 4 heures les jours de fin de semaine et fériés. En échange, le GMF obtient des infirmières, du personnel administratif, une aide à l’informatisation, au loyer et à l’ameublement.

 

Un virage majeur


La récréation est terminée, avertit Réjean Hébert, qui promet un « virage majeur ». « Les GMF qui se conforment, on leur a envoyé le message qu’ils n’ont pas besoin de respecter l’entente, car on va le leur donner quand même [l’argent], dénonce-t-il. Il faut mettre fin à ça. » D’abord, il souhaite clarifier les règles du jeu et accentuer la surveillance : « On va s’assurer que les soirs et les fins de semaine sont au rendez-vous », assure-t-il, quitte à ce que le ministère s’en mêle de plus près. Certains GMF pourraient fermer, concède le ministre. « Il faut avoir le courage de prendre ces décisions-là », a laissé tomber Réjean Hébert. Des discussions avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, la FMOQ, sont entamées pour revoir le cadre de gestion des GMF, indique l’attachée de presse du ministre, Ariane Lareau.


Le ministre veut également permettre à de plus petits GMF de 6000 patients d’obtenir une accréditation, le plancher étant actuellement de 9000 patients.


Le MSSS soutient que, depuis 2002, « une trentaine de GMF ont fait l’objet d’ajustements à la baisse de leurs ressources ». On indique que c’est aux agences de la santé de s’assurer du respect des contrats et qu’une analyse approfondie est réalisée tous les trois ans, au moment du renouvellement des contrats. Les « sanctions » sont appliquées seulement après que le GMF « a déployé tous les moyens pour rétablir la situation » et que, lorsque ce n’est pas possible, « les ressources financières sont diminuées de façon temporaire ou permanente ».

À voir en vidéo