CUSM : les employés dénoncent des compromis sur la salubrité

Les employés du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) soutiennent que, pour juguler son déficit record de 115 millions de dollars, l’hôpital fait des compromis inquiétants sur la salubrité tout en réduisant les heures de travail du personnel de soutien. Ils ont manifesté devant les différents hôpitaux du CUSM mercredi midi.


Le président du Syndicat des employés du CUSM, Paul Thomas, rapporte par exemple que des équipes dédiées à la désinfection des chambres des patients atteints du C. difficile ont été touchées. « On nous dit que la désinfection est intégrée au travail des équipes régulières », explique-t-il, mais il estime que les infections seront les seules gagnantes de ces compressions.


Préposés à l’entretien, préposés aux bénéficiaires, téléphonistes, secrétaires… Selon le syndicat, l’hôpital a cessé de remplacer le personnel de soutien lors de congés de maladie. « Des gens essentiels hier ne le sont plus aujourd’hui selon la direction », dénonce M. Thomas.


En décembre, le rapport de Michel Baron, accablant, révélait l’ampleur du dérapage financier au CUSM. Le ministre de la Santé, Réjean Hébert, a alors mis le CUSM en quasi-tutelle, nommant le Dr Michel Bureau « accompagnateur » dans le processus de redressement budgétaire qui doit permettre à l’hôpital de retrouver la santé financière.


« Oui, ça prend un correctif budgétaire, concède Paul Thomas, mais d’abord, il faut trouver la source du problème. Or, on ne l’a pas encore trouvée, on coupe le plus rapidement possible sans réfléchir aux conséquences. »


Le CUSM vise des compressions de 5 % pour la prochaine année, soit 50 millions de dollars. « Les gestionnaires de chaque service doivent atteindre les cibles sans toucher aux services aux patients », dit le directeur des affaires publiques Richard Fahey. Il assure qu’aucun compromis n’est fait sur l’entretien.


3 commentaires
  • André Lefebvre - Inscrit 14 février 2013 08 h 31

    Santé

    "...qui doit permettre à l’hôpital de retrouver la santé financière."

    Ce qui est la seule santé importante dans nos hôpitaux. C'est envers celle-ci que se dirigent le "dévouement" de la médecine.

    André Lefebvre

  • Franklin Bernard - Inscrit 14 février 2013 09 h 52

    Pas surpris

    J'ai vu, de mes yeux vu, dans un autre hôpital, il y a un an, les patients d'une chambre de 6, hommes et femmes, obligés de faire leurs besoins dans des récipients dans la chambre même, parce qu'on avait coupé dans les équipes chargées de désinfecter les toilettes de l'aile. Je vous passe les détails sordides sur la qualité de la vie et la dignité.

  • Bernard Gervais - Inscrit 14 février 2013 20 h 21

    Pas un cas unique

    J'ai entendu hier à la radio M. Thomas déplorer ce qui se passait à l'hôpital où il travaille.

    Navrant, mais ce qu'il a raconté n'est pas un cas unique. Cela se produit dans d'autres centres hospitaliers.

    À l'hôpital de mon quartier par exemple, on avait entièrement réorganisé le service à la clinique externe et, grâce à un nombre d'employés suffisant, cela fonctionnait beaucoup mieux qu'auparavant. Mais c'était trop beau pour durer. Il y a quelque temps, le personnel de cette clinique a été réduit faute de budget. Par contre, aucun poste de cadre à la haute direction de l'établissement n'a été supprimé...