Les femmes médecins seront bientôt en majorité au Québec

Séance de formation à l’Unité de médecine familiale de Gatineau en mai dernier. La profession médicale se féminise de plus en plus au Québec.
Photo: Université McGill Séance de formation à l’Unité de médecine familiale de Gatineau en mai dernier. La profession médicale se féminise de plus en plus au Québec.

La grande majorité des médecins supplémentaires qu’a comptabilisés le Collège des médecins du Québec (CMQ) en 2012 sont des femmes, et cette tendance devrait s’accentuer, selon les statistiques du CMQ publiées lundi.

En fait, le CMQ a même battu un record en 2012. « C’est l’année où il y a eu le plus de femmes à qui l’on a délivré un permis », constate le Dr Charles Bernard, le président du CMQ.


En 2012, 830 médecins se sont joints à l’ordre et 288 l’ont quitté pour cause de radiation, de démission ou encore de décès. Par conséquent, le Québec compte 542 médecins de plus qu’en 2011, et 86 % d’entre eux sont des femmes. Un chiffre qui n’étonne pas le Dr Bernard, président de l’Ordre. « On dit depuis un certain temps que la profession se féminise », explique-t-il.


Une féminisation qui ne devrait pas s’arrêter, car les facultés de médecine de la province comptent plus de 62 % de femmes dans leurs effectifs. Présentement, 41 % des médecins québécois sont des femmes, mais, dans les prochaines années, elles vont devenir majoritaires au sein de la profession. « Si on continue comme ça, probablement dans cinq ans, ça va être l’inverse […] avec 60 % de femmes », prévoit-il.


Le profil des médecins a bien changé, depuis les dernières décennies, selon le Dr Bernard. « Quand j’ai commencé la médecine, les femmes étaient très rares. Il y avait des promotions au début des années 70 où il n’y avait pas plus de 10, 15 ou 20 femmes qui terminaient leurs cours de médecine pour une centaine d’hommes », se remémore-t-il. Les femmes se tournaient vers d’autres métiers, et les études en médecine étaient moins accessibles, selon lui. Présentement, les filles ont tendance à avoir de meilleures notes que les garçons, explique le Dr Bernard. « On s’aperçoit que les filles performent un petit mieux dans leur scolarité, donc elles sont admises en plus grand nombre en médecine », selon lui.


Et la féminisation de la médecine amène son lot de changements dans le mode de gestion des ressources humaines. « Avec un nombre de femmes plus jeunes, il va y avoir un nombre de congés de maternité plus important », dit le président de l’Ordre des médecins.


Toutefois, les bouleversements dans l’organisation du travail sont surtout dus aux changements de mentalité en général plutôt qu’à la féminisation en particulier. Les nouvelles générations de médecins, hommes ou femmes, veulent pouvoir mieux concilier leur travail avec leur vie familiale, explique le Dr Louis Godin, président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec.


La féminisation de la profession de médecin est en fait plus prononcée au Québec que dans le reste du Canada. Selon un rapport de l’Institut canadien d’information sur la santé publié l’année dernière, le Québec est la province qui compte la plus grande proportion de femmes médecins, avec 42 % en 2011, suivie du Nouveau-Brunswick, avec 36 %. Au Canada, le nombre de femmes médecins a fait un bond de 23 % depuis 2007, précise le rapport.


Si la profession se féminise, elle ne se diversifie pas assez au goût du Dr Godin. « Il y a encore moins de médecins de famille que de médecins spécialistes alors qu’idéalement on devrait avoir un ratio identique », pense-t-il. Le Collège a battu un autre record cette année, celui du plus grand nombre de ses membres diplômés à l’étranger : un médecin sur dix a reçu son diplôme dans un pays autre que le Canada. Autre constat, le Québec n’a jamais compté autant de médecins. Ils sont en tout 21 511 à exercer cette profession dans la province. Mais plus de médecins au Québec ne veut pas forcément dire que les Québécois ont plus facilement accès aux soins, concède le CMQ. « Il faut constater qu’en 2013, l’augmentation de médecins sur le terrain ne suffit plus pour pallier le problème de l’accessibilité aux soins de santé », dit le CMQ dans son analyse.


L’Ordre met en avant « l’interdisciplinarité ». En d’autres termes, il faut permettre aux pharmaciens, aux infirmières ou encore aux psychologues d’effectuer des tâches jadis réservées aux médecins. Le CMQ dit travailler dans ce sens. En décembre dernier par exemple, les pharmaciens ont été autorisés par Québec à prescrire certains types de médicaments.


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Avec La Presse canadienne

5 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 12 février 2013 07 h 52

    Médecin de famille

    Je n'ai pas de médecin de famille: pourquoi?

  • Jean Lapointe - Abonné 12 février 2013 09 h 52

    A propos du médecin de famille


    J' ai un médecin de famille, comme on dit, depuis plus de trente ans.

    Récemment je lui ai demandé s' il allait me trouver un remplaçant étant donné qu' il songe de plus en plus à la retraite.

    Il m'a répondu qu'il ne pouvait le faire parce qu'il n' y a pas assez de médecins.

    Me voyez-vous en train de me chercher un nouveau médecin alors que j'avance en âge?

    Je me demande si les médecins et le Ministère de la santé se préoccupent de ce problème.

    IL le faudrait pourtant.

  • Roland Vuillaume - Inscrit 12 février 2013 11 h 11

    Manque de médecins

    Surtout manque de compétences chez les médecins omnipraticiens.
    au moins 30% sont incapables de faire un diagnostic, sans faire une batterie de prises de sang-Doppler etc etc
    Et cela fini toujours par une quantité inimaginable de médicaments, bien souvent mal dosés .C’est le pharmacien (s’il n’a pas peur de téléphoner au médecin ou à la secrétaire du médecin) qui vous dit quel dosage vous devez prendre. Je parle d’un cas vécu ( le mien)

  • Martine Fortin - Inscrite 12 février 2013 12 h 09

    Pas meilleures que les hommes.

    Je n'ai pas de médecin de famille, par contre, je dois consulter annuellement. D'après mon expérience, j'ai l'impression que la compétence en médecine se retrouve davantage auprès des hommes. Mes 10 dernières visites, j'ai rencontrés 6 femmes médecins et 4 hommes médecins.

    L'attitude, la compassion et la compétence, je les ai trouvés surtout chez les hommes. 2 femmes médecins ont vraiment été bêtes et incompétentes. Leurs premières questions étaient: "vous avez pas de médecin de famille?" L'une en plus, s'est trompée dans la médication.

    Ma soeur me disait que les hopitaux choisissent ceux et celles qui ont de bonnes notes à l'école. J'ai compris que la "note" est loin d'une garantie de compétence.

  • Solange Bolduc - Inscrite 13 février 2013 10 h 52

    Mon médecin de famille: une femme.

    J'aime mon médecin de famille: C'est une femme très bien :intelligente et cultivée, et surtout très compatissante, compétente et consciencieuse !

    Par contre, depuis 5 ans, elle se consacre presque essentiellement aux urgences, et a gardé quelques patients. Cela crée certains problèmes car je ne peux avoir un rendez-vous rapide, à moins de me rendre à son bureau et attendre 3-4 heures avant de la voir !

    Je me satisfais donc d'une visite un fois ou deux par année pour un bilan de santé.

    J'ai eu un médecin gynécologue durant plusieurs années, maintenant à la retraite, et il possédait les mêmes qualités que mon médecin de famille actuel. Je crois qu'un médecin, qu'il soit homme ou femme, doit posséder les qualités qui nous reviennent, nous mettent en confiance ! Il lui faut posséder cette qualité essentielle : l'empathie! Ce qui n'a rien à voir avec le sexe!