Une banque de données pour lutter contre le suicide

Le ministre de la Santé, Réjean Hébert, a annoncé vendredi qu’il comptait créer une banque de données pour y compiler les chiffres concernant les suicides, et former des personnes-ressources dans la fonction publique afin qu’elles puissent venir en aide à leurs collègues en situation de détresse.

La compilation des suicides et des tentatives de suicide pour chaque centre de santé et de services sociaux (CSSS) va permettre de mieux cibler les clientèles à risques, croit Bruno Marchand, le directeur de l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS). Présentement, la compilation des informations concernant les suicides est une tâche fastidieuse.


« On a des rapports parfois inexistants, parfois existants, mais sous différentes formes, alors c’est très difficile pour les CSSS de faire une prévention efficace », explique M. Marchand.


À titre d’exemple, les méthodes de prévention pour les aînés de plus de 75 ans sont très différentes de celles utilisées pour venir en aide aux personnes âgées de 34 à 50 ans. La banque de données nationale sera mise en place d’ici l’automne, précise le ministère.


Le Québec se classe au quatrième rang des provinces canadiennes enregistrant le plus haut taux de suicide, avec environ 1000 Québécois qui mettent fin à leurs jours tous les ans. « C’est deux fois plus que les accidents de la route, c’est treize fois plus que les homicides », constate M. Marchand.


Le ministre souhaite aussi mettre en place un programme de « sentinelles », dans l’ensemble de la fonction publique. Il s’agit d’employés formés à détecter les signes de détresse de leurs collègues, qui pourront leur indiquer vers où se tourner pour trouver de l’aide.


Pour le juge à la retraite Michaël Sheehan, dont le fils s’est suicidé en 1995, le programme de « sentinelles » est crucial. « Des gens qui pensent au suicide, il y en a 25 % seulement qui reçoivent l’aide dont ils ont besoin », explique-t-il. « La sentinelle, son rôle, ce n’est pas d’apporter une aide professionnelle, mais c’est de faire le lien, de l’encourager à chercher l’aide professionnelle », précise-t-il toutefois.


 
2 commentaires
  • Yvon Bureau - Abonné 9 février 2013 12 h 09

    Moins de suicides si...

    J'aime bien les commentaires de Michaël Sheehan. Je le remercie pour son engagement sociétal.

    Faut se réjouir de l'arrivée de cette banque de données pour lutter plus efficacement contre le suicide.

    Mon expérience de consultant bénévole pour un mourir digne et libre me permet d'affirmer ceci :

    Plus les plus âgées de la vie et spécialement les finissants de la vie auront la garantie que l’exercice de leurs droits de refuser, de faire cesser les traitements de fin de vie et de demander un mourir sans douleurs, moins ils utiliseront le suicide pour terminer leur vie;

    Plus une aide médicale active à mourir, si nécessaire, si librement voulue, si respectueuse des balises votées, sera possible, moins ces personnes au bout de leur vie utiliseront le suicide pour terminer leur vie.

    Toute diminution du nombre de suicides chez les personnes très âgées et chez les personnes mourantes aura des impacts nombreux et positifs sur les familles et sur la société, même chez les soignants.

  • Yvon Bureau - Abonné 10 février 2013 08 h 35

    Pour plus de prévention

    Cessons le plus possible de parler de suicide assisté ou du suicide médicalement assisté ou du Physician Assisted Suicide, lorsque nous parlons de l'aide médicale à mourir pour les personnes mourantes en train de mourir.

    Ghislain Leblond dit avec sagesse : on parle de suicide chez les personnes en mal de vivre, et d'aide médicale à mourir pour les personnes en mal de mourir.

    Un des plus grands témoignages à la Commission fut celui de monsieur André Pelletier de la Côte nord, nous priant d'avoir une terminologie appropriée, pour la diminution du nombre des suicide. http://www.assnat.qc.ca/fr/video-audio/AudioVideo- Depuis des décennies, cette personne œuvre très fort pour la prévention du suicide. Admiration et gratitude à M. Pelletier

    J'invite les opposants farouches à l'aide médicale à mourir à plus d'éthique en cessant de parler de suicide assisté.

    Bon de rappeler que notre CSSS/QMDignité a fait ce choix. Avec sagesse et en respect du choix très majoritaire de la population de parler d'aide médicale à mourir. Une terminologie qui traduit bien le réel et la réalité.