Frais accessoires - Hébert contrarie les médecins et s’expose à une bataille judiciaire

Le ministre de la Santé Réjean Hébert
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Le ministre de la Santé Réjean Hébert

Les présidents des deux fédérations médicales, les Drs Barrette (spécialistes) et Godin (omnipraticiens), croient que si le ministre met son plan à exécution, les médecins ne pourront plus offrir certains services en cabinet, avec des conséquences catastrophiques sur les temps d’attente pour certaines procédures.

Pourtant, le ministre Hébert et les Drs Godin et Barrette posent le même diagnostic : on ne peut plus laisser la question des frais accessoires s’enliser davantage. Mais sur le remède, le désaccord est important. Le ministère parle d’abolition, les fédérations médicales, elles, de négociation de tarifs.

Le Dr Hébert, dans une entrevue avec La Presse publiée lundi, a déclaré vouloir « abolir » certains frais accessoires.

Les cliniques peuvent seulement facturer des frais accessoires de « médicaments, de substances anesthésiques, de stérilet, de matériel pour plâtre », précise la RAMQ. Pourtant, les médias rapportent fréquemment des cas de frais abusifs.

Prenant le taureau par les cornes, le ministre Hébert propose que l’assurance médicaments assume le coût des médicaments administrés en cabinet, pour éviter que la facture ne soit assumée par les patients. Ensuite, pour lutter contre les frais carrément illégaux, le ministre souhaite que la RAMQ puisse enquêter sans plainte préalable d’un citoyen. Il veut également qu’elle puisse utiliser une injonction pour bloquer une activité illégale et qu’elle puisse imposer des sanctions plus sévères.

Divergence sur les moyens

« Ça fait des années qu’on demande au gouvernement de régler le problème. Mais si demain on empêche les médecins de donner des services médicalement requis, nous allons aller devant les tribunaux », avertit le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, le Dr Gaétan Barrette.

Selon lui, il est impossible pour les médecins en cabinet d’offrir des services comme le dépistage du cancer du côlon par endoscopie sans facturer certains frais. Il prédit que « si on interdit les frais accessoires, les médecins vont arrêter d’offrir ces services en cabinet. Les listes d’attente vont s’allonger ».

Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, le Dr Louis Godin, ne souhaite pas non plus l’abolition des frais accessoires, mais leur encadrement. Il appelle le ministre à ne pas « lancer une chasse aux sorcières » et l’invite plutôt à « éclaircir la situation ».

Gaétan Barrette et Louis Godin affirment que personne à Québec n’est entré en contact avec eux pour négocier.

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