Inégalités du cœur


	La communauté innue de Natuashish, au Labrador. Le tiers des membres des Premières Nations qui ont vécu des problèmes cardiaques ont dû parcourir plus de 250 km pour être soignés.
Photo: La Presse canadienne (photo) Andrew Vaughan
La communauté innue de Natuashish, au Labrador. Le tiers des membres des Premières Nations qui ont vécu des problèmes cardiaques ont dû parcourir plus de 250 km pour être soignés.
Plus précisément, les autochtones sont à 76 % plus susceptibles d’être hospitalisés après un malaise cardiaque, et ce, en moyenne sept ans plus tôt que le reste de la population. Les hommes sont deux fois plus à risque. Ils souffrent plus souvent, en plus, de diabète ou d’autres comorbidités.
 
Moins de chirurgies

Toutefois, les soins ne suivent pas : même une fois admis à l’hôpital, ils sont moins susceptibles de subir une chirurgie. Malgré cela, les chercheurs constatent que ces soins moins intensifs ne se traduisent pas par une mortalité plus élevée. Ils ne statuent pas sur la qualité de vie qui en découle.

Première Nation ou non, dans un système de santé universel et gratuit, les personnes issues de milieux pauvres sont moins susceptibles de subir une chirurgie cardiaque pour rétablir la circulation sanguine à la suite d’une crise cardiaque. Cela s’est vérifié tant au Canada qu’en Suède.

Le tiers des membres des Premières Nations qui ont vécu des problèmes cardiaques ont dû parcourir plus de 250 km pour être soignés.
 
Pour les Inuits, dans le Nord, l’hôpital le plus près se trouve toujours à plus de 500 km. Selon les données de l’ICIS, les Inuits sont moins susceptibles d’être hospitalisés pour une crise cardiaque que les populations du Sud, mais lorsqu’ils le sont, les soins qui leur sont prodigués sont semblables.

Pour les chercheurs, il est possible que le petit nombre d’hospitalisations à la suite d’une crise cardiaque « indique que le fardeau des maladies cardiaques y est moins lourd que dans la population générale, mais ces chiffres peuvent également refléter la difficulté pour les Inuits d’accéder aux soins de courte durée ».

« Les disparités entre les patients autochtones et non autochtones au Canada en matière de traitement des crises cardiaques doivent être mieux étudiées », conclut l’ICIS.

On dispose de peu de données sur la santé cardiaque des Premières Nations et des Inuits, car les dossiers médicaux omettent généralement leur appartenance. C’est cette lacune que les chercheurs voulaient combler. Pour ce faire, ils se sont penchés sur les régions où une forte proportion de la population déclare appartenir à une nation autochtone et les ont comparées aux autres régions. Dans certains cas, les données du Québec ont été exclues.

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