Offensive pour dénoncer des coupures en recherche

La campagne publique dévoilée mercredi s'intitule «Je suis Michèle», du nom de Michèle St-Pierre, femme atteinte d'un cancer de l'ovaire.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La campagne publique dévoilée mercredi s'intitule «Je suis Michèle», du nom de Michèle St-Pierre, femme atteinte d'un cancer de l'ovaire.

À la veille d'une rencontre portant précisément sur l'avenir de la recherche au Québec, les centres de recherche en établissements de santé dénoncent des compressions de 10 millions sur un budget de 80 millions, dont les impacts grèveront «l'espoir» de patients en attente d'une percée.

C'est ce que des médecins, chercheurs, étudiants et patients ont fait valoir d'une voix mercredi matin en pointant l'annonce inattendue de coupes dévoilée début décembre, au moment de publier les crédits. Les ministres de la Recherche, Pierre Duchesne, de la Santé, Réjean Hébert, et la première ministre Pauline Marois, sont directement interpellés par le regroupement de 18 centres de recherche en établissements de santé, qui demande non seulement une annulation immédiate de ces ponctions budgétaires dont on ne connaît pas encore la ventilation, mais aussi le dépôt sans délai de la Politique nationale de recherche et d'innovation, en lieu et place de la défunte Stratégie québécoise de recherche et d'innovation mise en place par le précédent gouvernement.

La campagne publique dévoilée mercredi s'intitule «Je suis Michèle», du nom de Michèle St-Pierre, femme atteinte d'un cancer de l'ovaire. «Michèle, c'est moi mais c'est vous tous aussi», a expliqué la femme, qui en est à son quatrième traitement de chimiothérapie pour vaincre son cancer chronique. «Vous comprenez, mon espoir, moi, c'est la recherche.»
10 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 30 janvier 2013 14 h 58

    Et Ottawa?

    Pourquoi ne pas faire de pressions là où est l'argent?

    • Claude Lachance - Inscrite 30 janvier 2013 18 h 35

      Il est plus facile de blamer une femme.

    • Claude Lachance - Inscrite 30 janvier 2013 18 h 46

      J'avais cru comprendre, que les recherches sur le cancer, (traitements, etc) faisaient parti d'un protocole ou de protocoles liés aussi aux pharmaceutiques, et dont le gouvernement fédérale ( via santé canada) en est le premier gestionnaire. à savoir que c'est le gouvernement fédéral qui décide si un ou une patiente peut participer aux recherches. La recherche sur le cancer ne se fait pas sans cancéreux, et jamais rien dans ce domaine n'est vraiment acquis.

    • Mélanie Tremblay - Inscrit 30 janvier 2013 19 h 05

      Parce que la campagne d'aujourd'hui portait sur les coupures du FRSQ qui finance les bourses d'étudiants et les salaires des chercheurs. Le fédéral finance principalement les subventions.

  • Louka Paradis - Inscrit 30 janvier 2013 14 h 58

    Quelle démagogie !

    J'éprouve beaucoup de sympathie pour Mme Michèle, mais ce n'est pas demain matin ou la semaine prochaine que les résultats des recherches pourront la guérir de son cancer. Partir d'un cas particulier et généraliser en dramatisant et en jouant sur les émotions ne m'apparaît pas comme une stratégie très convaincante : ça ressemble trop aux tactiques des journaux jaunes. Qu'on me comprenne bien : je suis pour les investissements en recherche ; ce contre quoi j'en ai, c'est qu'on instrumentalise une personne malade pour noircir les ministres et tenter de faire croire qu'ils sont contre la recherche, qu'ils n'ont aucune empathie pour les personnes atteintes de cancer chronique ou de toute autre maladie incurable. Je déteste ce genre de chantage émotif. C'est un procédé de manipulation qui me dégoûte. Que les divers intervenants analysent ensemble la situation et cherchent les meilleures solutions à long terme pour notre société, au lieu de crier encore une fois au loup.
    Louka Paradis, Gatineau

    • Gilles Théberge - Abonné 30 janvier 2013 17 h 31

      Ce n'est pas demain que la solution sera trouvée. Mais une chose est certaine, si la recherche ne se poursuit pas aujourd'hui, elle sera encore à faire demain et nous ne serons pas plus avancés.

      À l'automne nous sommes allés en France. Et nous avons été impressionnés par les longues lignées d'arbres matures bordant les routes.

      Je suis persuadé que les gens qui ont planté ces arbres ne les ont jamais vus, tels que nous pouvons les admirer aujourd'hui. Eux, ils sont morts et enterrés...

      Je trouve votre réaction étonnante!

    • Suzanne Lachance - Abonné 30 janvier 2013 19 h 11

      Je suis d'accord avec vous sur le procédé, qui peut susciter de l'agacement. Par contre, la dame a elle-même accepté de se laisser "instrumentaliser" pour une cause qu'elle estime probablement noble. Avouons qu'elle l'est. Si j'étais à sa place, je ferais peut-être la même chose.

  • Marc Blanchard - Inscrit 30 janvier 2013 18 h 03

    Je trouve déplorable ce genre de tactique.

  • Michel Savard - Inscrit 30 janvier 2013 21 h 09

    Le ministre Duchesne devrait se garder une petite gêne !

    Le ministre Duchesne ,qui a une peur bleue des étudiants au point où il essaie de leur faire croire qu'il y a une sorte d'indexation qui équivaut à un gel, n'hésite pas à couper 10 millions pour les centres de recherche dans les établissements de santé.

    Quand on sait qu'une augmentation de seulement 50$ par année sur les frais de scolarité de chaque étudiant universitaire rapporterait au moins 15 millions de dollars par année, c'est vraiment honteux de voir que le ministre essaie encore de protéger ces ''pôvres'' étudiants au détriment de personnes qui auraient réellement besoin de cet argent !

    On apprend également que le gouvernement procédera à une coupure majeure
    dans la culture ! Que feront nos artistes au carré rouge qui, en faisant tout pour que les étudiants ne soient pas augmentés, se sont tiré dans le pied et écopent maintenant à cause du manque d'argent dans les coffres de l'état !

    Oui, les étudiants ont gagné mais au détriment du reste de la population. C'est aujourd'hui que l'on commencer à en ressentir certains effets !

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 30 janvier 2013 23 h 22

      Monsieur Savard,
      Et si on imposait juste 2$ de plus la caisse de bière, on pourrait aussi financer la recherche, non. Et si on interdisait les cigarettes, responsable de tant de décès et du fait que le tiers des personnes hospitalisées le sont en raison de la cigarette, il y aurait moins de cancers! Et si on taxait les transactions financières? Et les téléphones portables que les gens changent tous les 18 mois en moyenne? Imaginez-vous en les taxant de 5$ par exemple, cela en ferait de l'argent pour la recherche? Pourquoi choisissez-vous les étudiant-e-s en particulier comme catégorie à qui on ferait porter le fardeau de la recherche ou autre investissement important? Et si on taxait davantage les compagnies? En 50 ans, les impôts sur les profits des compagnies sont passés de 41% à moins de 20% (14% je crois). Et si on arrêtait d'autoriser une partie du prix des repas au restaurant dont comme déductions des frais des entreprises? Et si on obligeait les compagnies à rembourser pour tous les pots-de-vin et autres faits de corruption dans l'octroi des contrats? Et si on imposait une taxe sur les produits de luxe pour financer la recherche? Et si on imposait une taxe sur le surplus d'eau que consomment les détenteurs de piscine? Bref, si nous faisions le tour de tout le superflu que consomment les gens, je suis sûre que vous trouveriez bien d'autres sources plutôt que d'aller piger dans les poches des étudiant-e-s car, malgré le mépris que vous affichez pour ces derniers avec votre orthographe (pôvres), il en est de pauvres, pour de vrai!