Médicaments d’origine : les rabais indisposent les pharmaciens

Les médicaments d’origine coûtent normalement plus cher que les médicaments génériques.
Photo: Ben Garvin Associated Press Les médicaments d’origine coûtent normalement plus cher que les médicaments génériques.

La semaine dernière, les compagnies pharmaceutiques ont lancé une offensive publicitaire pour empêcher les patients d’abandonner les médicaments d’origine. Elles proposent aux patients de s’inscrire sur un site Web pour recevoir une carte, semblable à une carte d’assureur, qui permettrait de payer les médicaments d’origine au prix du générique. Une vingtaine de médicaments (Avalide, Crestor, Losec, Nexium, etc.) sont admissibles.


L’industrie ne se cache pas de chercher à limiter les conséquences de l’abolition de la règle des 15 ans par Québec. Depuis janvier, une soixantaine de médicaments originaux ne sont remboursés par la RAMQ qu’à la hauteur de la facture du générique. Le patient a donc le choix entre payer la différence ou passer au générique.


InnoviCares promet aux patients de leur rembourser la différence, enrayant l’incitatif à passer au générique. Pour le moment, l’offre ne s’adresse qu’aux assurés du régime public.


Or, il serait prématuré de se présenter avec une telle carte rabais dans une pharmacie près de chez vous. L’AQPP recommande à ses membres de ne pas l’honorer jusqu’à nouvel ordre. « Ça place les pharmaciens dans une position inconfortable », dit le président de l’AQPP, Jean Thiffault.


Problème déontologique ?


En effet, honorer ce rabais pourrait contrevenir à leur code de déontologie ainsi qu’à leur entente avec la RAMQ, s’inquiètent les pharmaciens. L’Ordre des pharmaciens du Québec a demandé des avis juridiques et se prononcera dès que possible. « Les pharmaciens attendent ces avis avec impatience, rapporte Jean Thiffault. Les compagnies pharmaceutiques ont leur stratégie d’affaires et elles ont le droit, mais nous, nous devons être prudents. »


M. Thiffault souligne que près de 900 000 personnes sont touchées par les changements à la règle des 15 ans.


Du côté de STI technologies, la compagnie basée à Halifax derrière cette campagne, on est convaincu de la « légalité et de l’éthique » des cartes rabais. « Pour la RAMQ, il n’y a aucune différence de coût, et le patient est remboursé », précise le vice-président aux opérations Oliver Nemeskéri.

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